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Conversion à l’Évangile de la vie

1/1/2018

par Mgr. William E. Lori, Aumônier Suprême

Réfléchir aux questions sur la dignité de la vie peut nous conduire à la bonté et à l’amour de DieuLe chemin vers la paix dans le monde, dans nos familles et dans nos coeurs commence avec la conformité aux vertus du Christ

Mgr William E. Lori, Aumônier Suprême

L’ESPRIT DE LA « Marche pour la vie » annuelle à Washington, D.C. est extraordinaire. Il est non seulement pacifique, mais aussi plein d’espoir et de joie. Il regarde l’avenir en cherchant à créer une culture de la vie et de l’amour. Tandis qu’il attire des gens de tous les âges, la foule tend à être jeune, et comprends beaucoup d’enfants de la « Génération Y », (les millénaires) et de jeunes familles. Debout dans la foule, vous avez le sentiment de vous trouver dans une version de la « Journée mondiale de la jeunesse » : pleine de la conviction que la vie humaine est un cadeau précieux de Dieu et que chaque personne, à partir de sa conception, est dotée par le Créateur d’une dignité inviolable et, véritablement, « d’un droit à la vie. »

Quand j’assiste à la « Marche pour la vie » chaque mois de janvier, j’attrape invariablement un rhume, mais cela en vaut la peine. Je rentre chez moi avec une détermination renouvelée résister à ce que le Pape François appelle « la culture du jetable » et d’entretenir véritablement l’amour et le respect de la vie humaine, particulièrement quand elle est sans défense.

Je me demande souvent ce qui attire tant de gens à cet événement. Qu’est-ce qui les pousse à faire de longs voyages, à passer des nuits sans sommeil dans des autocars, à se tenir debout pendant des heures sur un sol froid et trempé ? S’agit-il simplement d’un mouvement politique, ou de quelque chose de plus ? La réponse est, je crois, que le Seigneur est à l’oeuvre dans les esprits et les coeurs de ces braves gens, et de beaucoup d’autres comme eux. Le mot qui convient ne peut être que « conversion » : le Seigneur convertit les esprits et les coeurs à l’Évangile de la vie. J’ajouterais même que ce processus de conversion a lieu en nous à trois niveaux : intellectuel, moral et religieux.

LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

Nous pensons communément à la conversion comme à une expérience religieuse uniquement, de même que venir à la foi dans le Christ ou se convertir au catholicisme. Pourtant, la conversion a aussi d’autres significations. En général, il s’agit d’un changement de direction dans nos vies qui nous mène au-delà de nous-mêmes, audelà de notre seul point de vue, au-delà de nos intérêts purement personnels ; ou bien, comme dirait le Pape François, au-delà de notre zone de confort. C’est un mouvement qui nous conduit à essayer d’être de meilleures versions de nous-mêmes, plus authentiques.

La conversion est donc une expérience humaine commune. Comme indiqué cidessus, elle a souvent lieu à trois niveaux dans nos vies. Regardons chacun des trois pour comprendre plus profondément comment les gens peuvent être convertis à la vérité et à la beauté de l’Évangile de la vie.

En premier lieu, la conversion intellectuelle débute lorsque nous commençons à poser des questions et à remettre en cause nos pré-suppositions. Nous commençons à nous demander si ce que nous pré-supposions faux est en fait vrai. Nous nous interrogeons sur la rhétorique et les exagérations que nous entendons et dont nous sommes témoins.

De nombreuses personnes, qui par le passé se considéraient comme résolument « pro-choix », sont arrivées à un stade de leurs vies auquel elles ont commencé à poser des questions sur les arguments en faveur de l’avortement, ce qui les a conduites à finalement changer d’avis. À un moment donné, elles ont pris au sérieux les arguments philosophiques et les preuves scientifiques avancées en faveur de l’humanité de l’enfant en devenir. Pour d’autres, l’expérience décisive a eu lieu quand elles ont réellement vu un enfant en devenir par l’intermédiaire d’un échographe.

POUSSÉ À LA GRATITUDE

Un changement d’avis mène souvent à un changement dans les actions, à la conversion morale : à une manière différente de comprendre, de juger et d’agir. En règle générale, les gens se voient comme raisonnables et scrupuleux. Quand les gens adoptent sérieusement cette vision d’eux-mêmes, ils peuvent arriver à un point où ils se sentent mal à l’aise pour prendre des décisions et agir seulement sur la base de ce qu’ils croient être dans leur intérêt. Ils commencent à ne plus penser qu’à leurs propres problèmes, qu’à ce qui leur plaît ou leur convient. Ils commencent à se demander ce qui compte vraiment, ce qui est vraiment important dans la vie. En d’autres termes, ils commencent à s’intéresser aux vertus et aux valeurs.

Quand les gens sont convaincus de la valeur de la vie humaine, ils peuvent être conduits à faire des choix difficiles. Leur nouvelle attitude de soutien à la cause de la vie peut aliéner des amis et des collègues. Une femme qui vit une grossesse difficile peut trouver le courage de mener son enfant à terme malgré l’opposition de sa famille.

Même quand les gens vivent la conversion intellectuelle et morale, quelque chose de plus profond peut avoir lieu dans les profondeurs de leur être : une véritable conversion religieuse. Après tout, une fois que la vie est comprise comme un cadeau précieux, beaucoup de gens sont frappés par l’idée que Dieu aime ce qu’il a fait. De là, il n’y a qu’un pas à faire pour remercier le Créateur pour le cadeau de la vie et, ce faisant, tomber amoureux de Lui au sens noble.

Nous sommes invités à croire au Dieu vivant, à Lui faire confiance et à L’adorer, en Le remerciant de créer chaque personne à Son image ; en Le remerciant d’avoir envoyé Son Fils pour prendre en charge et racheter notre humanité ; en Le remerciant de nous appeler à l’amitié avec Lui.

Ainsi, les convictions intellectuelles et les choix moraux en faveur de la vie sont entourés par la grâce et l’amour de Dieu. Cette expérience nous transforme profondément et imprègne notre plaidoyer pro-vie de l’amour véritable de Dieu et du prochain. Nous devenons alors non seulement des défenseurs de la vie, mais aussi des témoins du Dieu d’amour qui nous a créés et rachetés.

C’est cela, je pense, qui explique la joie que je ressens chaque année quand je prends part à la « Marche pour la vie ». J’espère que vous ressentirez la même joie !