Une nouvelle politique

10/30/2008

par Supreme Knight Carl A. Anderson

 

Étant donné l’importance de la question pro-vie dans le contexte des élections aux États-Unis, j’ai décidé de reproduire ici des extraits de mon rapport annuel  livré lors du dernier Congrès suprême :

Dans huit des neuf dernières élections présidentielles, le crucial « vote catholique » a fait basculer les résultats. Or cette fois-ci encore, les 69 millions de catholiques que compte ce pays détiennent selon toute vraisemblance la clé non seulement de la Maison-Blanche, mais également de celle d’un grand nombre d’autres luttes.

Les évêques des États-Unis ont récemment déclaré : « L’Église n’a pas le choix de participer au façonnement du caractère moral de la société, c’est une exigence de la foi. »

Au sommet de la liste des convictions morales catholiques, les évêques placent « la défense de la sainteté inviolable de la vie humaine depuis le moment de la conception jusqu’à la mort naturelle. »

Voilà ce qui est particulièrement important puisque les catholiques sont souvent confrontés à un dilemme, quand vient le temps de voter : pouvons-nous appuyer un candidat qui semble intéressant à divers égards mais qui appuie en revanche le droit à l’avortement ? Certains partisans ont cherché à excuser l’appui envers des candidats pro-droit à l’avortement en faisant valoir que d’autres enjeux tout aussi importants, peuvent jouer dans la balance et compenser, en quelque sorte.

Sauf que le droit à l’avortement autorisé aux États-Unis par suite de la décision rendue par la Cour suprême dans l’affaire Roe c. Wade
n’est pas qu’un simple enjeu politique : c’est un état de fait juridique qui a entraîné la mort de plus de 40 millions d’individus.

Imaginez un instant que les 25 plus grandes villes du Canada et des États-Unis sont soudain désertes, vidées de leurs habitants. Voilà ce à quoi ressemble la disparition de 40 millions d’êtres humains — plus encore que toute la population du Canada réunie.

Quel enjeu politique pourrait peser plus lourd dans la balance que cette dévastation humaine ? La réponse, bien sûr : aucun.

Certains prétendent que la foi n’a pas sa place, en politique. Mais cette notion, à l’effet que le Premier Amendement interdit en quelque sorte que les valeurs religieuses personnelles teintent le jugement d’un politicien ou d’un électeur, est absurde.

Après tout, certains parmi les plus importants mouvements de notre histoire — le mouvement abolitionniste qui a mis fin à l’esclavage et le mouvement pour les droits civils, grâce auquel le racisme est devenu moralement inacceptable aux États-Unis — étaient au départ des mouvements religieux.

Il est important de noter que ces deux derniers mouvements cherchaient à enrayer ce qui était à l’époque considéré comme des violations fondamentales de la dignité qu’a chaque personne humaine. Le respect légal et la protection de la dignité humaine sont au cœur de notre Constitution, de même qu’au cœur de notre foi religieuse.

Il est temps de dire non aux arguments des stratèges politiques qui visent uniquement à justifier le droit à l’avortement. Comment les catholiques devraient-ils assumer leurs responsabilités en tant que citoyens ? Essentiellement, en établissant une culture de la vie.

Il est temps pour les catholiques d’exiger la fin de Roe c. Wade. Il est temps d’arrêter de forger des excuses pour justifier son appui à des politiciens pro-droit à l’avortement. Il est temps pour les catholiques de tracer une claire ligne de démarcation entre eux et tous ces politiciens qui défendent le droit à l’avortement qui a découlé de Roe c. Wade.

Lors de la visite du pape aux États-Unis, en avril dernier, celui-ci a invité tous ceux rassemblés au Yankee Stadium à protéger « l’enfant à naître dans le sein de sa mère ». Ce faisant, le Saint-Père s’est attiré l’ovation la plus bruyante et la plus longue de tout son voyage.

Imaginez le résultat si cette année, des millions d’électeurs catholiques disaient tout simplement « non » — non à tous les candidats, à quelque poste que ce soit et pour quelque parti politique que ce soit, qui appuient le droit à l’avortement.

Il est temps que les catholiques cessent d’accorder du crédit aux politiciens de cet acabit, et il est temps aussi pour nous de commencer à exiger que ces derniers répondent à nos exigences.

En tant que fidèles et loyaux citoyens, les catholiques peuvent édifier une nouvelle politique — une politique qui ne se satisfait pas du statu quo et qui se consacre, plutôt, à l’établissement d’une vraie culture de la vie.

Vivat Jesus!