Marguerite Barankitse et le cardinal Christian Wiyghan Tumi.
Le lien entre témoignage eucharistique et droits humains était en évidence lors de la dernière session du Congrès eucharistique international (CEI), le 21 juin, à Québec.
La foi des peuples autochtones du Canada et ceux de l’Afrique fut célébrée tant à l’Eucharistie du jour que durant la session catéchistique où participaient des milliers de congressistes pèlerins.
Le cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation vaticane du culte divin, lui-même un autochtone nigérien, présidait la célébration et y prononçait l’homélie.
Les conférences principales de la journée furent données par le cardinal Christian Wighan Tumi, archevêque de Douala, du Cameroun, et Marguerite Barankitse, du Burundi. Fondatrice de Shalom House, organisme qui, depuis 1994, est venu en aide plus de 50 000 enfants et adultes victimes de violence intertribale dans son pays.
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| Le cardinal Francis Arinze |
Le cardinal Tumi, pour sa part, notait que cette année nous soulignons la 60e année de la Déclaration des droits humains de Nations unies. La foi et l’agir catholique, expliquait-il, jouit d’une forte dimension sociale fondée sur le don d’amour du Christ dans l’Eucharistie. Il affirmait que, tout comme les catholiques sont transformés par l’Eucharistie, ils doivent, à leur tour, transformer le monde. « On ne peut garder le Christ pour soi », remarquait-il, citant l’exhortation apostolique du pape Benoît XVI sur l’Eucharistie, Sacramentum Caritatis.
Bien que les catholiques prennent une par active dans la lutte contre l’injustice, le cardinal Tumi notait que l’Église n’a pas à jouer de rôle en politique. « Le domaine de la politique n’est pas le nôtre, expliquait-il. Mais l’Église ne doit pas se dissocier de la lutte pour la justice dans le monde. » Il ajouta que les catholiques doivent « éveiller les forces spirituelles qui peuvent transformer la société.
« Je vous appelle à devenir de vrais bâtisseurs de paix et de justice, invitait le cardinal Tumi. La personne qui participe à l’Eucharistie doit s’engager à construire un monde de paix. » Il ajouta qu’un rôle particulier revient aux laïques comme témoins eucharistiques. « Votre vie doit devenir au cœur du monde le symbole de la vie du Christ. »
Mais notamment, selon le cardinal, les catholiques doivent transformer la société en imitant l’amour du Christ pour l’humanité. « Ce qui manque dans le monde, c’est l’amour. Si l’amour devenait l’âme de l’humanité, il n’y aurait pas de terrorisme et pas de guerres en Afghanistan, ou en Iraq ou en Afrique. »
Marguerite Barankitse parla d’expérience vécue de la violence au Burundi, en Afrique. En effet, il fut témoin de l’exécution de douzaines de gens durant la guerre civile qui y faisait rage au milieu des années 1990 et a été la cible de menaces par des hommes armés à la suite de son travail auprès de victimes de la guerre, notamment les orphelins. Son mépris pour le pouvoir lui a mérité le nom de « Crazy Lady of Burundi » (La folle du Burundi », titre qu’elle chérit toujours, affirme-t-elle. Madame Barankitse figure parmi les candidats éventuels au prix Nobel de la paix.
Elle incita les participants au CEI à devenir des « fous de l’Eucharistie ». Il déclara que le mystère de l’Eucharistie ne peut pas être saisi dans les lettres pastorales ou les documents officiels de l’Église. « C’est nous qui sommes Eucharistie, signala-t-elle. Celle-ci peut nous inciter à offrir nos dons avec audace. »
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