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Lhistoire a reconnu en saint Thomas More lun des grands défenseurs des droits de la conscience. Du fait de son engagement à légard de linviolabilité de la conscience, saint Thomas More est également considéré à bon droit comme le modèle dont devraient sinspirer les politiciens catholiques, surtout quand le saint homme dit : « Lorsque les hommes dÉtat abandonnent leur conscience personnelle au nom de leurs obligations publiques, ils précipitent leur pays vers le chaos. »
Quelle différence entre cette perception de la responsabilité quont les catholiques au sein dun gouvernement, et celle que préconisent nos élus daujourdhui qui, sur des sujets tels que lavortement, se disent « personnellement opposés » tout en trahissant leur conscience à des fins électorales.
En tant que lun des juristes les plus respectés de son époque, Thomas More établissait par ailleurs clairement la distinction entre les questions de croyance, pour lesquelles les droits de la conscience sont inviolables, et les questions de justice, que tous ont lobligation de respecter.
Lors de son exécution, Thomas More a résumé ainsi sa philosophie de la chose publique : « Je meurs fidèle à Dieu et au roi, mais à Dieu dabord .»
Ces dernières années, nous avons entendu des politiciens catholiques citer saint Thomas More mais agir ensuite tout à fait différemment de lui. Au lieu de se porter politiquement à la défense de lÉglise sur des questions telles que lavortement et le mariage, ils répudient publiquement les enseignements de leur évêque local souvent sous les applaudissements de plusieurs électeurs. Lévêque, toutefois, ne faisait pas quexprimer son opinion personnelle, mais plutôt la doctrine universelle de lÉglise.
Bien entendu, le processus démocratique courrait à sa perte si les leaders religieux dictaient, sans exception, toutes les décisions dordre public. Mais comme le pape Jean-Paul II nous la souvent rappelé, ce processus démocratique ne peut également survivre sil tourne le dos aux questions fondamentales touchant la justice et le bien commun et à cet égard, les leaders religieux ont non seulement le droit mais aussi lobligation de sexprimer.
Les catholiques, et particulièrement les catholiques en poste au gouvernement, ont le devoir de former leur conscience en conséquence.
Voilà quelques années, les Chevaliers de Colomb ont coopéré avec lorganisme National Endowment for the Humanities afin daider luniversité de Yale à préparer lédition définitive des uvres de Thomas More.
Je me rappelle souvent, à ce propos, une observation alors faite par le professeur Clarence Miller, lun des éditeurs ayant supervisé la prestigieuse publication.
Celui-ci a dit ce que les chercheurs ont déterminé comme les fondements du martyre de saint Thomas More. À savoir, « lintégrité du moi tel quen témoigne un serment, la liberté irréductible de la conscience individuelle au sein dun État autoritaire, et la suprématie papale en tant que signe de lunité supra-nationale du christianisme occidental, passé et présent. »
Puis, le professeur Miller a ajouté : « Tout ce qui précède est vérifiable. Mais en dernière analyse, Thomas More ne sera mort pour aucun principe, idée, tradition ou même doctrine; il sera mort pour une personne, le Christ. »
Comme le dit lui-même saint Thomas More dans Un homme pour toutes les saisons, « Au bout du compte... ultimement... ce nest plus une affaire de raison; ultimement, cest plutôt une affaire damour. »
Nos papes ont invité les catholiques à édifier la nouvelle civilisation de lamour. Peut-être ny arriverons-nous quavec lappui de politiciens de la trempe de saint Thomas More, ainsi quavec laide de ceux parmi nous qui vont les élire à leurs postes.
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