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Jai récemment eu lhonneur de prendre la parole au Vatican lors dune réunion de lAcadémie pontificale pour la vie, qui portait sur la conscience chrétienne comme soutien du droit à la vie. Après mon intervention, les membres de lAcadémie ont eu le privilège dêtre reçus en audience par le pape Benoît XVI.
Le Saint-Père nous a parlé de la nécessité de se former une conscience chrétienne adéquate une conscience, a-t-il indiqué, «fondée sur la vérité» afin de pouvoir «distinguer le bien du mal». Le pape a insisté sur la nécessité davoir une conscience «droite» et «déterminée à en suivre les règles, sans contradiction, sans trahison et sans compromis».
Benoît XVI a également cité le concile Vatican II, disant que «Les pasteurs doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïcs dans lÉglise» (Lumen Gentium, 37), particulièrement sur des enjeux touchant la famille, tels que le droit à la vie et la dignité du mariage. Le Saint-Père a ajouté : «Lorsque la valeur de la vie humaine est en jeu», l «harmonie» entre les pasteurs et «les laïcs engagés » devient «particulièrement importante».
Trop souvent aujourdhui, les soi-disant «catholiques pro-choix» rejettent cette «harmonie». Ils favorisent les droits de la conscience au détriment de la doctrine de lÉglise.
Pour faire écho à un ouvrage publié dernièrement par un de mes amis catholiques et frère Chevalier, ces gens ont «le droit de se tromper». Nous avons tous la possibilité de dire «non» à lÉvangile de la vie. Dieu nous a conféré le libre-arbitre. Mais que personne ne se berce dillusion : rejeter une telle loi morale fondamentale à savoir quon ne saurait tuer intentionnellement une vie humaine innocente est assorti de son lot de conséquences. Et dans la foulée, personne ne saurait simaginer quune telle loi morale fondamentale puisse résulter, justement, dune conscience chrétienne adéquatement formée.
Le droit de conscience nest pas simplement quaffaire de croyance sincère ou de ferme conviction. Car si cétait le cas, Hitler et son équipe de meurtriers auraient pu prétendre être accueillis au ciel en prétendant quils ont agi de bonne foi, en pensant bien faire. Le paradis serait alors peuplé dhommes mauvais comme ceux-là, car comme nous le rappelle le poète irlandais William Butler Yeats, «les plus mauvais sont remplis dune passion intense».
Le Catéchisme de lÉglise catholique dit pour sa part que «lhomme a le droit dagir en conscience», avant dy aller dune précision capitale : «La conscience doit être informée et le jugement moral éclairé» (1782, 1783).
Le pape Jean-Paul II a maintes fois répété quil nous appartient à chacun de choisir consciemment et délibérément le Christ. En tant que catholiques, nous ne choisissons pas le Christ en vase clos : nous choisissons le Christ au sein dune communauté porteuse dune tradition, dune histoire et dune mémoire. Nous choisissons le Christ tel quIl se présente à nous. Il est lÉpoux qui aime son Épouse lÉglise, celui qui a donné sa vie pour elle et qui la guide et la protège encore aujourdhui.
Nous choisissons le Christ qui nous a donné un pape et des évêques pour protéger cette tradition, cette histoire et cette mémoire. En choisissant le Christ de cette manière, nous défendons cette tradition, nous contribuons à cette histoire et nous préservons cette mémoire. Et nous accomplissons autre chose en plus : nous rendons possible la formation dune conscience droite et informée, éclairée par lesprit du Christ.
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