Vérité ou conséquences

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5/1/2007
Chacun de nous doit choisir consciemment et délibérément le Christ ainsi que ses enseignements.

par Chevalier Suprême Carl A. Anderson

J’ai récemment eu l’honneur de prendre la parole au Vatican lors d’une réunion de l’Académie pontificale pour la vie, qui portait sur la conscience chrétienne comme soutien du droit à la vie. Après mon intervention, les membres de l’Académie ont eu le privilège d’être reçus en audience par le pape Benoît XVI.

Le Saint-Père nous a parlé de la nécessité de se former une conscience chrétienne adéquate – une conscience, a-t-il indiqué, «fondée sur la vérité» afin de pouvoir «distinguer le bien du mal». Le pape a insisté sur la nécessité d’avoir une conscience «droite» et «déterminée à en suivre les règles, sans contradiction, sans trahison et sans compromis».

Benoît XVI a également cité le concile Vatican II, disant que «Les pasteurs doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïcs dans l’Église» (Lumen Gentium, 37), particulièrement sur des enjeux touchant la famille, tels que le droit à la vie et la dignité du mariage. Le Saint-Père a ajouté : «Lorsque la valeur de la vie humaine est en jeu», l’ «harmonie» entre les pasteurs et «les laïcs engagés » devient «particulièrement importante».

Trop souvent aujourd’hui, les soi-disant «catholiques pro-choix» rejettent cette «harmonie». Ils favorisent les droits de la conscience au détriment de la doctrine de l’Église.

Pour faire écho à un ouvrage publié dernièrement par un de mes amis catholiques et frère Chevalier, ces gens ont «le droit de se tromper». Nous avons tous la possibilité de dire «non» à l’Évangile de la vie. Dieu nous a conféré le libre-arbitre. Mais que personne ne se berce d’illusion : rejeter une telle loi morale fondamentale – à savoir qu’on ne saurait tuer intentionnellement une vie humaine innocente – est assorti de son lot de conséquences. Et dans la foulée, personne ne saurait s’imaginer qu’une telle loi morale fondamentale puisse résulter, justement, d’une conscience chrétienne adéquatement formée.

Le droit de conscience n’est pas simplement qu’affaire de croyance sincère ou de ferme conviction. Car si c’était le cas, Hitler et son équipe de meurtriers auraient pu prétendre être accueillis au ciel en prétendant qu’ils ont agi de bonne foi, en pensant bien faire. Le paradis serait alors peuplé d’hommes mauvais comme ceux-là, car comme nous le rappelle le poète irlandais William Butler Yeats, «les plus mauvais sont remplis d’une passion intense».

Le Catéchisme de l’Église catholique dit pour sa part que «l’homme a le droit d’agir en conscience», avant d’y aller d’une précision capitale : «La conscience doit être informée et le jugement moral éclairé» (1782, 1783).

Le pape Jean-Paul II a maintes fois répété qu’il nous appartient à chacun de choisir consciemment et délibérément le Christ. En tant que catholiques, nous ne choisissons pas le Christ en vase clos : nous choisissons le Christ au sein d’une communauté porteuse d’une tradition, d’une histoire et d’une mémoire. Nous choisissons le Christ tel qu’Il se présente à nous. Il est l’Époux qui aime son Épouse l’Église, celui qui a donné sa vie pour elle et qui la guide et la protège encore aujourd’hui.

Nous choisissons le Christ qui nous a donné un pape et des évêques pour protéger cette tradition, cette histoire et cette mémoire. En choisissant le Christ de cette manière, nous défendons cette tradition, nous contribuons à cette histoire et nous préservons cette mémoire. Et nous accomplissons autre chose en plus : nous rendons possible la formation d’une conscience droite et informée, éclairée par l’esprit du Christ.

Vive Jesus!