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L'année dernière, près de 1,7 millions membres ont fourni plus de 130 millions $ US à des oeuvres de charité et au-delà de 61 millions d'heures de bénévolat. Aussi avons-nous vendu pour plus de 5,2 milliards $ US d'assurance à nos membres. Aujourd'hui, les Chevaliers de Colomb comptent plus de 52 milliards $ US d'assurances en vigueur et nous sommes gestionnaires dactifs dune valeur de plus de 11 milliards $US.
Notre bureau de 23 étages, rue Church, compte environ 650 employés et près de 1400 agents sont à luvre partout au Canada et aux États-Unis.
Au cours de la dernière décennie, les Chevaliers de Colomb sont devenus l'une des six corporations d'assurance parmi environ 1700 entreprises d'Amérique du Nord à recevoir les cotes les plus élevées à la fois de Standard and Poor's et A.M. Best, ainsi que de l'Insurance Marketplace Standards Association (lAssociation des Normes du Marché de lAssurance).
Fort des conditions de crédit accordées aux Chevaliers de Colomb il y a à peine deux mois, Standard and Poor's notait que sa cote « AAA » s'appuyait sur les forces suivantes de lorganisme : capital extrêmement solide, position concurrentielle très forte, liquidité extrêmement solide et un historique de forte rentabilité.
Pas mauvais pour un organisme fondé en 1882 au sous-sol de l'église St. Mary de Hillhouse Avenue par un prêtre de 27 ans et 10 de ces paroissiens.
De plus, je vous ferais remarquer que, parmi les raisons principales qui nous ont permis d'atteindre cette position de capital « extrêmement solide », de concurrence « très forte » et cet historique de « rentabilité solide », se trouve précisément le fait que, au-dessus tous ces objectifs, nous avons placé une valeur. La raison pour laquelle nous avons atteint ce que Standard and Poors nomme « un avantage concurrentiel distinct » et « une base de clients loyaux » en plus « d'un rapport unique avec les clients », cest notre fidélité inébranlable envers notre devise : « Protéger les familles pour les générations à venir », et ce, par le recours à « l'assurance-vie offerte par des frères Chevaliers à des frères Chevaliers ».
Cet engagement compte parmi les valeurs fondamentales des Chevaliers de Colomb en tant quentreprise commerciale. Ce sont des valeurs de ce genre et non seulement la recherche de profits qui ont rendu possible notre niveau de succès extraordinaire.
Par exemple, nos valeurs fondamentales se retrouvent à tous les niveaux de notre programme de marketing. Notre « code d'éthique en marketing » suit les dix commandements et compte des énoncés tels que « Présenter honnêtement et exactement, tous les faits menant un membre à prendre une décision éclairée. »
Ajoutons que nos principes éthiques de marketing se résument à notre Règle d'or : « Dans toutes relations professionnelles, je m'engage à suivre la règle de conduite suivante : Tenant compte des situations que vivent les personnes que je dessers, je leur offrirai le même service que si javais moi-même à men prévaloir dans les mêmes circonstances. »
L'Insurance Marketplace Standards Association a cité les Chevaliers de Colomb comme l'un des leaders de l'industrie de l'assurance au chapitre de léthique des ventes et a relevé de nombreux secteurs où nous fournissons un modèle des meilleures pratiques de lindustrie.
Nous suivons le comportement de nos agents en choisissant des clients au hasard chaque mois, afin dobtenir leurs points de vue concernant leur récent achat d'assurance chez nous. Nous tenons compte de lattention quils ont reçue de la part de leur agent, nous tenons à savoir s'ils ont compris la portée de leur achat et à connaître leur niveau de satisfaction.
Enfin, nous avons mis en place un processus de médiation par un tiers obligatoire, afin que les plaintes soient traitées sans recours à de longues poursuites. Au cours du processus de médiation, les détenteurs de polices qui logent une plainte sont représentés sans frais par un avocat. Nous croyons qu'une entreprise catholique devrait pouvoir développer un système de résolution de conflits sans recours à des procureurs et ou à de longs procès.
Nous avons également recours à des critères éthiques dans le choix de nos investissements, afin quy soit reflété lenseignement moral de l'Église catholique. Nous nous attardons notamment à la gamme de produits des entreprises dont nous considérons la dette et les titres de spéculation. À cet égard, nous avons recours à six critères dévaluation de nos investissements : lavortement, la contraception, la pornographie, les soins de santé sans but lucratif, la recherche sur les cellules souches embryonnaires et le clonage humain.
C'est ainsi que, à l'heure actuelle, il y a plus de 60 entreprises cotées à la Bourse de New York et à la NASDAQ chez qui nous nous interdisons dinvestir. Nos efforts de sélection sont soumis à un défi continuel, puisque les compagnies développent sans cesse de nouveaux produits possiblement répréhensibles, et certaines peuvent aussi faire lacquisition de compagnies fabriquant de tels produits, tandis que dautres peuvent fusionner avec des entreprises présentant le même dilemme.
Lorsquune telle situation se produit au sein de entreprises dont nous sommes détenteurs dactions, nous nous empressons de nous en débarrasser. Par exemple, en 2001, nous étions détenteurs dun grand nombre de titres dans deux grandes corporations bien connues qui ont décidé dinvestir dans la câblodistribution des « loisirs pour adultes ». Lorsqu'il est devenu clair que les cadres n'avaient aucune intention de modifier leurs politiques, nous nous sommes départis de toutes nos actions, même sil en est résultée une perte d'environ 775 000 $ US. Auparavant, nous avions retiré nos titres de la Disney Corporation à cause du lancement par sa filiale du film, The Priest (Le Prêtre).
Même si nous avons constamment appliqué ces critères éthiques dans le choix de nos investissements et donc refusé d'investir dans des entreprises qui, de l'avis de nombreux analystes, représentent des investissements supérieurs, nous avons continuellement obtenu des revenus substantiels dannée en année.
En plus des principes éthiques inclus dans le marketing et les investissements, l'éthique joue un rôle important dans le développement de nos produits d'assurance également. Les principes éthiques peuvent affecter de beaucoup la conception de nos produits, notamment au chapitre des taux de résiliation et de létablissement des prix.
Autrement dit, nous harmonisons la pertinence de nos produits aux besoins de nos membres dabord, plutôt que daprès leur rentabilité. Nous concevons des produits d'assurance auxquels, suivant nos intentions et nos prévisions, auront recours les détenteurs de nos polices.
D'autres peuvent soutenir que le moyen le plus sûr datteindre la rentabilité consiste à offrir des produits conçus pour attirer les clients au cours des premières années de rentabilité et, comme le postulent les tables actuarielles, au fur et à mesure que les clients deviennent des risques accrus, on les amène à laisser tomber leurs polices, en les incitant à se procurer des produits à plus court terme ou dont les primes sont beaucoup plus élevées.
Par contre, nous travaillons fort pour en arriver à des résultats opposés, de sorte que nous avons l'un des taux de résiliation le plus faible de l'industrie moins de quatre pour cent. Et nous nous efforçons dabaisser ce taux encore davantage, dans l'espoir que, lorsque la famille d'un détenteur de police aura besoin de protection d'assurance, elle pourra toujours y avoir recours.
Lorsque nous considérons nos 52 milliards $ US d'assurance en vigueur, nous y discernons les ressources propres à garantir la sécurité financière de centaines de milliers de familles catholiques, en pourvoyant soins de santé, hypothèques et frais de scolarité universitaire.
Parmi nos détenteurs de polices, nous en comptons dont les polices d'assurance remontent à 1924. Ils ont choisi détablir avec nous des relations à long terme et nous avec eux. Quil sagisse de marketing, dinvestissements ou de développement de produits, nous ne troquerons pas contre un gain à court terme, lintérêt à long terme de nos détenteurs de polices ou celui de la compagnie.
Enfin, permettez-moi d'ajouter certaines observations au sujet des relations employeurs-employés. Dans son encyclique Laborem Exercens, sur le travail humain, le pape Jean Paul II écrit, « le fondement permettant de déterminer la valeur du travail humain n'est pas avant tout le genre de travail que l'on accomplit mais le fait que celui qui l'exécute est une personne. Les sources de la dignité du travail doivent être cherchées surtout, non pas dans sa dimension objective mais dans sa dimension subjective. » Le pape dit encore : « Cette vérité constitue le noyau central et permanent de la doctrine chrétienne sur le travail humain. »
Il est évident que cette façon de concevoir le travail est essentiellement éthique, puisqu'elle découle d'abord et avant tout d'un engagement envers la dignité de la personne. Cette vision exige que toutes relations employeurs-employés reposent sur la reconnaissance de la dignité de tous ceux et celles dont les efforts se rejoignent pour mettre en uvre l'initiative de collaboration qui garantit que les efforts de lentreprise auront du succès.
Sil est vrai que les Chevaliers de Colomb ont eu des syndicats représentant plusieurs de leurs employés depuis 1960, je suis davis que l'enseignement social de l'Église suggère que la gestion devrait, autant que possible, aborder les rapports avec le personnel dans un esprit de non confrontation. De plus, l'employeur ne peut pas, en toute éthique, laisser tomber sa responsabilité de promouvoir le meilleur intérêt de son propre personnel.
Nous avons vécu récemment un exemple d'une telle collaboration collaboration dont je suis particulièrement fier lorsque, à loccasion notre plus récente négociation avec le syndicat, nous en sommes arrivés à une entente avec les représentants syndicaux trois mois avant l'expiration du contrat de travail en vigueur, obtenant une prolongation de trois ans du contrat antérieur et en limitant les modifications à un seul changement de termes mineur.
Nous avons aussi mis en place des incitatifs importants au chapitre du perfectionnement des employés, selon lesquels les membres du personnel seront remboursés entre 100 à 2000 $ US à la suite de perfectionnements réussis dans divers domaines. Nous avons mis en place des programmes de formation avancée et nous encourageons les employés à poser leur candidature aux postes de gestion lorsque ceux-ci deviennent disponibles. Ainsi, près d'un tiers de nos gestionnaires ont été promus des rangs de nos employés.
En résumé, nous avons tenté de reconnaître la précieuse contribution de nos employés à tous les niveaux de lentreprise, par le biais de nos programmes, comme, par exemple, la désignation d« Employé du mois » et d« Employé de l'année ». Nous avons tenté également de fournir à tous nos employés l'occasion de trouver de lavancement au sein même de lentreprise.
Enfin, côté santé et bien-être de nos employés nous restons engagés, étant parmi le petit nombre dentreprises qui sy maintiennent, à fournir une gamme de soins de santé complète sans cotisations à tous nos employés et à leurs familles. En outre, nous maintenons sur place un cabinet médical tenu par une infirmière détablissement industriel qui offre des programmes variés.
Un personnel doué et aux nombreux talents ne devrait pas être réduit à de la grenaille. Dès qu'une entreprise perd de vue le fait que son personnel - ses employés - constitue sa plus importante ressource, c'est alors quelle commence à perdre à la fois ses assises morales et sa capacité de succès à long terme.
Plus tôt, j'ai mentionné l'encyclique de Jean Paul II, publiée à loccasion du centenaire de Rerum Novarum. Dans ce document, le pape soulève la question des conditions morales nécessaires pour que se produise ce qu'il appelle « une authentique 'écologie humaine' » . En fait, on pourrait dire que toute l'encyclique traite des critères requis pour quadvienne, au sein de la vie économique d'une société libre, une telle « écologie humaine authentique ».
Nous avons tous une obligation d'aider à établir cette « écologie » morale par les choix que nous faisons. Car nos choix constituent le meilleur moyen de nous joindre à cet effort pour « protéger les conditions morales d'une 'écologie humaine' authentique ». De fait, le choix moral est le seul moyen à notre disposition pour reconnaître la dignité inhérente de chaque personne et pour construire une économie qui, par surcroît, le reconnaît.
Vaclav Havel avait raison de nous rappeler que dans les questions d'écologie naturelle et éthique, « Personne dentre nous nen est que la victime : tous, nous en sommes aussi les co-créateurs ».
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