Les affaires comme pratique de la moralité

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9/29/2004
Conférence du Chevalier suprême Carl A. Anderson, intitulée Business as Morality in Practice (Les affaires comme pratique de la moralité) et prononcée le 28 septembre 2004, au St. Thomas More Center du campus New Haven de l’université Yale.

En me préparant mes propos d’aujourd'hui, j'ai relu le volume d’une personne que j'admire beaucoup, l'ancien président de la République tchèque, Vaclav Havel. Son ouvrage, intitulé, The Art of the Impossible: Politics as Morality in Practice (L'art de l'impossible : la politique comme pratique de la moralité), est une collection de discours qu’il avait prononcés comme président. Permettez-moi de commencer par lire un extrait d'un de ces discours prononcé en 1990, dans lequel il traite de la situation dans laquelle se trouvait alors son pays.

Après avoir revu les conditions sociales et économiques terribles laissées par les communistes, il écrivait :

« Mais tout ceci n'est toujours pas le problème principal. Le pire c’est que nous vivons dans un environnement moral contaminé. Nous souffrons d'une maladie morale, parce que nous avion pris l’habitude de dire des choses différentes de ce que nous pensions. Nous avions appris à ne croire en rien, à nous ignorer les uns les autres, à ne nous occuper que de nous-mêmes. Les concepts tels que l'amour, l'amitié, la compassion, l'humilité et le pardon avaient perdu leur profondeur et leurs dimensions...

« Le régime précédent ... réduisait l'homme à son pouvoir de production et la nature à un instrument de production… Il réduisait les personnes douées et remplis de talents aux maillons d'une machine monstrueuse énorme, bruyante et puante, dont la signification réelle n'était claire pour personne. »

« Lorsque je parle d'un milieu moral contaminé, je ne parle pas seulement des [autorités communistes]. Je parle aussi de nous. Nous nous sommes tous habitués à un système totalitaire et nous avons accepté cela comme un fait de la vie que nous ne pouvions pas changer et donc que nous avons aidé à perpétuer. Personne parmi nous n’en est que la victime : tous, nous en sommes aussi les co-créateurs. »

En lisant cet extrait je ne veux surtout pas donner à entendre qu'il y a une équivalence morale entre le communisme et la libre entreprise. Par contre, il y a dans ce pays une atmosphère morale semblable qui a mené à « de machines monstrueuses énormes, bruyantes et puantes » connues sous le nom d'Enron, Global Crossing et WorldCom. Aujourd'hui, nous pourrions traiter d'un art de l'impossible différent, c'est-à-dire les affaires comme pratique de la moralité.

J'aimerais suggérer qu'en dépit de l'impression laissée par les récents scandales dans le monde des affaires, non seulement est-il possible de se conduire d'un point de vue moral, mais il est possible de le faire de manière à réussir. En outre, je pense que les catholiques ont une contribution importante à apporter dans ce secteur et qu'il y a des leçons à tirer de l'expérience des Chevaliers de Colomb.

Cependant, je dois, dès le début, faire une mise en garde : je ne soumets pas que la perfection morale en affaires ou ailleurs est possible. Les gens sont tentés et parfois succombent à la tentation.

Toutefois, même lorsque la tentation n'est pas en cause, les gens font des erreurs par suite de défaillances en matière de formation, de diligence, de prudence et de prévoyance. Parfois il arrive que, même avec les meilleures intentions du monde, des personnes raisonnables ne s'entendent pas sur certaines questions, ce qui, en rétrospective, peut sembler moralement discutable.

Il y a néanmoins un endroit précis pour la prise de décisions éthiques en affaires, et pour tout dire, cet endroit c’est partout. En effet, toute prise de décision éthique doit être omniprésente à tous les aspects de la vie d'une entreprise et de son personnel. On devrait retrouver l'éthique tant au niveau du développement de produits, du marketing, des investissements qu’au sein des relations avec le personnel. De plus, se donner un but moral rend compte non seulement des objectifs de l’entreprise mais de son existence même.

Au cours de la dernière décennie, l’ouvrage de James Collins et Jerry Porras : Built to Last: Successful Habits of Visionary Companies (Construit pour durer : habitudes des compagnies visionnaires couronnées de succès) a apporté une contribution considérable dans le domaine de l’éthique. S’appuyant sur leur étude de certaines des entreprises les plus importantes et les plus prospères de l’histoire des États-Unis, les auteurs ont tenté de comprendre comment, parmi les compagnies qu’ils cotent « la crème de la crème », certaines peuvent réussir d’une décennie à l’autre, tandis que leurs plus grands concurrents n’y arrivent pas.

Parmi leurs découvertes les plus importantes, les auteurs ont conclut qu’il faut rejeter la notion selon laquelle « les entreprises qui réussissent le mieux existent d’abord et avant tout en vue de maximiser leurs profits ». Ils ont découvert que maximiser la valeur ou les dividendes des actionnaires « n'a pas été la force motrice dominante ni l'objectif principal de l'histoire des compagnies visionnaires. Celles-ci poursuivent un ensemble d'objectifs, dont celui de faire de l'argent — mais sans que celui-ci devienne primordial. Elles recherchent les profits, mais sont guidées également par d’autres valeurs fondamentales et d’autres motifs qui dépassent le seul objectif de faire de l'argent. Pourtant, et c’est là le paradoxe, les auteurs ont « découvert que les entreprises visionnaires font plus d'argent que les compagnies de même envergure axées purement sur le profit. »

Je n'ai nullement l'intention de défendre leur thèse. Pour moi, leur analyse est sensé et ce, non seulement du fait de leurs découvertes, mais aussi en me fondant sur mon expérience comme membre des Chevaliers de Colomb. J'aimerais tout simplement ajouter que, en songeant aux différents exemples que les auteurs décrivent comme « idéologie fondamentale » d'une entreprise, on découvre habituellement que celle-ci compte un élément éthique dans la vision qu’elle se fait d’elle-même.

On peut établir un parallèle intéressant avec une observation du pape Jean Paul II dans sa lettre encyclique, Centesimus Annus , publiée à l’occasion du centenaire de l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII. Après avoir reconnu le rôle légitime du profit, le pape écrit : « Le but d'une entreprise commerciale n'est pas seulement de faire un profit... Le profit est un régulateur de la vie d'une compagnie, mais ce n'est pas le seul; il faut aussi considérer d'autres facteurs humains et moraux qui, à long terme, sont au moins aussi importants pour la vie d'une entreprise.

La plupart des gens connaissent les Chevaliers de Colomb comme organisme bénévole d’hommes catholiques qui, grâce à leurs activités de bienfaisance viennent en aide à leurs collectives particulières. Mais c’est également une entreprise d'avantages fraternels qui fournit des produits d'assurance vie à ses membres et par eux, à leurs familles.

L'année dernière, près de 1,7 millions membres ont fourni plus de 130 millions $ US à des oeuvres de charité et au-delà de 61 millions d'heures de bénévolat. Aussi avons-nous vendu pour plus de 5,2 milliards $ US d'assurance à nos membres. Aujourd'hui, les Chevaliers de Colomb comptent plus de 52 milliards $ US d'assurances en vigueur et nous sommes gestionnaires d’actifs d’une valeur de plus de 11 milliards $US.

Notre bureau de 23 étages, rue Church, compte environ 650 employés et près de 1400 agents sont à l’œuvre partout au Canada et aux États-Unis.

Au cours de la dernière décennie, les Chevaliers de Colomb sont devenus l'une des six corporations d'assurance parmi environ 1700 entreprises d'Amérique du Nord à recevoir les cotes les plus élevées à la fois de Standard and Poor's et A.M. Best, ainsi que de l'Insurance Marketplace Standards Association (l’Association des Normes du Marché de l’Assurance).

Fort des conditions de crédit accordées aux Chevaliers de Colomb il y a à peine deux mois, Standard and Poor's notait que sa cote « AAA » s'appuyait sur les forces suivantes de l’organisme : capital extrêmement solide, position concurrentielle très forte, liquidité extrêmement solide et un historique de forte rentabilité.

Pas mauvais pour un organisme fondé en 1882 au sous-sol de l'église St. Mary de Hillhouse Avenue par un prêtre de 27 ans et 10 de ces paroissiens.

De plus, je vous ferais remarquer que, parmi les raisons principales qui nous ont permis d'atteindre cette position de capital « extrêmement solide », de concurrence « très forte » et cet historique de « rentabilité solide », se trouve précisément le fait que, au-dessus tous ces objectifs, nous avons placé une valeur. La raison pour laquelle nous avons atteint ce que Standard and Poor’s nomme « un avantage concurrentiel distinct » et « une base de clients loyaux » en plus « d'un rapport unique avec les clients », c’est notre fidélité inébranlable envers notre devise : « Protéger les familles pour les générations à venir », et ce, par le recours à « l'assurance-vie offerte par des frères Chevaliers à des frères Chevaliers ».

Cet engagement compte parmi les valeurs fondamentales des Chevaliers de Colomb en tant qu’entreprise commerciale. Ce sont des valeurs de ce genre et non seulement la recherche de profits qui ont rendu possible notre niveau de succès extraordinaire.

Par exemple, nos valeurs fondamentales se retrouvent à tous les niveaux de notre programme de marketing. Notre « code d'éthique en marketing » suit les dix commandements et compte des énoncés tels que « Présenter honnêtement et exactement, tous les faits menant un membre à prendre une décision éclairée. »

Ajoutons que nos principes éthiques de marketing se résument à notre Règle d'or : « Dans toutes relations professionnelles, je m'engage à suivre la règle de conduite suivante : ‘Tenant compte des situations que vivent les personnes que je dessers, je leur offrirai le même service que si j’avais moi-même à m’en prévaloir dans les mêmes circonstances’. »

L'Insurance Marketplace Standards Association a cité les Chevaliers de Colomb comme l'un des leaders de l'industrie de l'assurance au chapitre de l’éthique des ventes et a relevé de nombreux secteurs où nous fournissons un modèle des meilleures pratiques de l’industrie.

Nous suivons le comportement de nos agents en choisissant des clients au hasard chaque mois, afin d’obtenir leurs points de vue concernant leur récent achat d'assurance chez nous. Nous tenons compte de l’attention qu’ils ont reçue de la part de leur agent, nous tenons à savoir s'ils ont compris la portée de leur achat et à connaître leur niveau de satisfaction.

Enfin, nous avons mis en place un processus de médiation par un tiers obligatoire, afin que les plaintes soient traitées sans recours à de longues poursuites. Au cours du processus de médiation, les détenteurs de polices qui logent une plainte sont représentés sans frais par un avocat. Nous croyons qu'une entreprise catholique devrait pouvoir développer un système de résolution de conflits sans recours à des procureurs et ou à de longs procès.

Nous avons également recours à des critères éthiques dans le choix de nos investissements, afin qu’y soit reflété l’enseignement moral de l'Église catholique. Nous nous attardons notamment à la gamme de produits des entreprises dont nous considérons la dette et les titres de spéculation. À cet égard, nous avons recours à six critères d’évaluation de nos investissements : l’avortement, la contraception, la pornographie, les soins de santé sans but lucratif, la recherche sur les cellules souches embryonnaires et le clonage humain.

C'est ainsi que, à l'heure actuelle, il y a plus de 60 entreprises cotées à la Bourse de New York et à la NASDAQ chez qui nous nous interdisons d’investir. Nos efforts de sélection sont soumis à un défi continuel, puisque les compagnies développent sans cesse de nouveaux produits possiblement répréhensibles, et certaines peuvent aussi faire l’acquisition de compagnies fabriquant de tels produits, tandis que d’autres peuvent fusionner avec des entreprises présentant le même dilemme.

Lorsqu’une telle situation se produit au sein de entreprises dont nous sommes détenteurs d’actions, nous nous empressons de nous en débarrasser. Par exemple, en 2001, nous étions détenteurs d’un grand nombre de titres dans deux grandes corporations bien connues qui ont décidé d’investir dans la câblodistribution des « loisirs pour adultes ». Lorsqu'il est devenu clair que les cadres n'avaient aucune intention de modifier leurs politiques, nous nous sommes départis de toutes nos actions, même s’il en est résultée une perte d'environ 775 000 $ US. Auparavant, nous avions retiré nos titres de la Disney Corporation à cause du lancement par sa filiale du film, The Priest (Le Prêtre).

Même si nous avons constamment appliqué ces critères éthiques dans le choix de nos investissements et donc refusé d'investir dans des entreprises qui, de l'avis de nombreux analystes, représentent des investissements supérieurs, nous avons continuellement obtenu des revenus substantiels d’année en année.

En plus des principes éthiques inclus dans le marketing et les investissements, l'éthique joue un rôle important dans le développement de nos produits d'assurance également. Les principes éthiques peuvent affecter de beaucoup la conception de nos produits, notamment au chapitre des taux de résiliation et de l’établissement des prix.

Autrement dit, nous harmonisons la pertinence de nos produits aux besoins de nos membres d’abord, plutôt que d’après leur rentabilité. Nous concevons des produits d'assurance auxquels, suivant nos intentions et nos prévisions, auront recours les détenteurs de nos polices.

D'autres peuvent soutenir que le moyen le plus sûr d’atteindre la rentabilité consiste à offrir des produits conçus pour attirer les clients au cours des premières années de rentabilité et, comme le postulent les tables actuarielles, au fur et à mesure que les clients deviennent des risques accrus, on les amène à laisser tomber leurs polices, en les incitant à se procurer des produits à plus court terme ou dont les primes sont beaucoup plus élevées.

Par contre, nous travaillons fort pour en arriver à des résultats opposés, de sorte que nous avons l'un des taux de résiliation le plus faible de l'industrie — moins de quatre pour cent. Et nous nous efforçons d’abaisser ce taux encore davantage, dans l'espoir que, lorsque la famille d'un détenteur de police aura besoin de protection d'assurance, elle pourra toujours y avoir recours.

Lorsque nous considérons nos 52 milliards $ US d'assurance en vigueur, nous y discernons les ressources propres à garantir la sécurité financière de centaines de milliers de familles catholiques, en pourvoyant soins de santé, hypothèques et frais de scolarité universitaire.

Parmi nos détenteurs de polices, nous en comptons dont les polices d'assurance remontent à 1924. Ils ont choisi d’établir avec nous des relations à long terme et nous avec eux. Qu’il s’agisse de marketing, d’investissements ou de développement de produits, nous ne troquerons pas contre un gain à court terme, l’intérêt à long terme de nos détenteurs de polices ou celui de la compagnie.

Enfin, permettez-moi d'ajouter certaines observations au sujet des relations employeurs-employés. Dans son encyclique Laborem Exercens, sur le travail humain, le pape Jean Paul II écrit, « le fondement permettant de déterminer la valeur du travail humain n'est pas avant tout le genre de travail que l'on accomplit mais le fait que celui qui l'exécute est une personne. Les sources de la dignité du travail doivent être cherchées surtout, non pas dans sa dimension objective mais dans sa dimension subjective. » Le pape dit encore : « Cette vérité constitue le noyau central et permanent de la doctrine chrétienne sur le travail humain. »

Il est évident que cette façon de concevoir le travail est essentiellement éthique, puisqu'elle découle d'abord et avant tout d'un engagement envers la dignité de la personne. Cette vision exige que toutes relations employeurs-employés reposent sur la reconnaissance de la dignité de tous ceux et celles dont les efforts se rejoignent pour mettre en œuvre l'initiative de collaboration qui garantit que les efforts de l’entreprise auront du succès.

S’il est vrai que les Chevaliers de Colomb ont eu des syndicats représentant plusieurs de leurs employés depuis 1960, je suis d’avis que l'enseignement social de l'Église suggère que la gestion devrait, autant que possible, aborder les rapports avec le personnel dans un esprit de non confrontation. De plus, l'employeur ne peut pas, en toute éthique, laisser tomber sa responsabilité de promouvoir le meilleur intérêt de son propre personnel.

Nous avons vécu récemment un exemple d'une telle collaboration — collaboration dont je suis particulièrement fier — lorsque, à l’occasion notre plus récente négociation avec le syndicat, nous en sommes arrivés à une entente avec les représentants syndicaux trois mois avant l'expiration du contrat de travail en vigueur, obtenant une prolongation de trois ans du contrat antérieur et en limitant les modifications à un seul changement de termes mineur.

Nous avons aussi mis en place des incitatifs importants au chapitre du perfectionnement des employés, selon lesquels les membres du personnel seront remboursés entre 100 à 2000 $ US à la suite de perfectionnements réussis dans divers domaines. Nous avons mis en place des programmes de formation avancée et nous encourageons les employés à poser leur candidature aux postes de gestion lorsque ceux-ci deviennent disponibles. Ainsi, près d'un tiers de nos gestionnaires ont été promus des rangs de nos employés.

En résumé, nous avons tenté de reconnaître la précieuse contribution de nos employés à tous les niveaux de l’entreprise, par le biais de nos programmes, comme, par exemple, la désignation d’« Employé du mois » et d’« Employé de l'année ». Nous avons tenté également de fournir à tous nos employés l'occasion de trouver de l’avancement au sein même de l’entreprise.

Enfin, côté santé et bien-être de nos employés nous restons engagés, étant parmi le petit nombre d’entreprises qui s’y maintiennent, à fournir une gamme de soins de santé complète sans cotisations à tous nos employés et à leurs familles. En outre, nous maintenons sur place un cabinet médical tenu par une infirmière d’établissement industriel qui offre des programmes variés.

Un personnel doué et aux nombreux talents ne devrait pas être réduit à de la grenaille. Dès qu'une entreprise perd de vue le fait que son personnel - ses employés - constitue sa plus importante ressource, c'est alors qu’elle commence à perdre à la fois ses assises morales et sa capacité de succès à long terme.

Plus tôt, j'ai mentionné l'encyclique de Jean Paul II, publiée à l’occasion du centenaire de Rerum Novarum. Dans ce document, le pape soulève la question des conditions morales nécessaires pour que se produise ce qu'il appelle « une authentique 'écologie humaine' » . En fait, on pourrait dire que toute l'encyclique traite des critères requis pour qu’advienne, au sein de la vie économique d'une société libre, une telle « écologie humaine authentique ».

Nous avons tous une obligation d'aider à établir cette « écologie » morale par les choix que nous faisons. Car nos choix constituent le meilleur moyen de nous joindre à cet effort pour « protéger les conditions morales d'une 'écologie humaine' authentique ». De fait, le choix moral est le seul moyen à notre disposition pour reconnaître la dignité inhérente de chaque personne et pour construire une économie qui, par surcroît, le reconnaît.

Vaclav Havel avait raison de nous rappeler que dans les questions d'écologie naturelle et éthique, « Personne d’entre nous n’en est que la victime : tous, nous en sommes aussi les co-créateurs ».