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En septembre dernier, jai reçu une invitation très spéciale : me joindre au pape Benoît XVI à Castel Gandolfo afin de commémorer le cinquième anniversaire de la mort du cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân, anciennement président du Conseil pontifical «Justice et Paix», et de participer à louverture de sa cause en vue de la canonisation.
Le cardinal Van Thuân avait été nommé archevêque coadjuteur de Saïgon quelques jours seulement avant que cette ville ne tombe aux mains des troupes communistes nord-vietnamiennes, et que ne se termine la guerre du Vietnam. Peu après lentrée des communistes dans la ville, larchevêque Van Thuân a été arrêté. Sensuivirent 13 années demprisonnement et trois autres de résidence surveillée, même sil ne passa jamais en jugement et ne fut reconnu coupable daucun crime.
À sa libération, larchevêque Van Thuân se rendit au Vatican doù il continua à servir lÉglise jusquà sa mort, en 2002.
Le cardinal avait lhabitude de dire quun prisonnier, par définition, mène une existence toute entière conditionnée par lattente : il attend lheure du repas, de parler à quelquun, de se dégourdir les jambes dans la cour et, surtout, il attend sa libération.
Le cardinal raconta que durant sa propre captivité, il songeait souvent à un autre évêque catholique qui avait été emprisonné en Chine et qui, à sa libération, avait dit : «Jaurai passé la moitié de ma vie à attendre.» Le cardinal Van Thuân avait pour sa part résolu de ne pas subir pareil sort. Il sorganisa pour vivre sa vie au présent et de vivre le plus possible en chrétien, même en prison.
Aux yeux du cardinal Van Thuân, un chrétien est «un homme ancré dans le présent», dans lici et le maintenant. Il voyait donc en chaque chrétien une personne qui vit dans le présent, qui agit de manière à faire une différence dans sa vie comme dans celle de ceux qui lentourent.
La vie sainte menée par le cardinal est très inspirante, et je suis persuadé que sa cause pour la canonisation recueillera beaucoup de suffrages. Tandis que jétais assis et que jécoutais Benoît XVI parler avec beaucoup daffection de son ami, le cardinal Van Thuân, je nai pu mempêcher de songer à limportance que revêt également celui-ci aux yeux des Chevaliers de Colomb. Demblée, jai bien sûr pensé à tous les hommes catholiques dorigine vietnamienne qui sétaient joints à lOrdre ces dernières années, ainsi quà tous ceux qui feront de même dans les années à venir.
Puis, je me suis arrêté à la description faite par le cardinal Van Thuân, à leffet que le chrétien était «un homme ancré dans le présent». Jai songé aux nombreuses fois où javais entendu un frère Chevalier dire quelque chose comme : «Lan prochain, lorsque je serai Grand Chevalier (ou Fidèle Navigateur ou Député dÉtat), je vais matteler au recrutement de nouveaux membres ou à lamélioration de nos programmes caritatifs ou fraternels.»
Trop souvent, nous sommes portés à reporter nos bonnes idées ou nos meilleurs efforts à plus tard. Pourtant, comme le suggérait le cardinal Van Thuân, tout remettre à une date ultérieure est souvent une grave erreur. Au contraire, il ny aura jamais de meilleur moment que maintenant. Or, si lon met à profit linstant présent du mieux possible, nous découvrirons que conséquemment, lavenir a toutes les chances dêtre encore meilleur et rempli dencore plus de possibilités.
Nous nous dirigeons rondement, encore une fois, vers une année fraternelle remplie de succès. Prenons donc la résolution de suivre lexemple de ce saint homme qui sera peut-être bientôt canonisé. Soyons des «hommes ancrés dans le présent» qui ont à cur décrire un glorieux nouveau chapitre dans lhistoire des Chevaliers de Colomb.
Voilà tout spécialement le devoir des fidèles laïcs et des Chevaliers de Colomb semployer à conformer la société et ses institutions à la réalité de lÉvangile. Dans les jours à venir, nous devons tous, individuellement et collectivement, nous engager envers cette responsabilité.
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