Chevaliers ancrés dans le présent

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11/1/2007
Entamons la rédaction de notre glorieux chapitre dans l’histoire de l’Ordre.

par Chevalier Suprême Carl A. Anderson

En septembre dernier, j’ai reçu une invitation très spéciale : me joindre au pape Benoît XVI à Castel Gandolfo afin de commémorer le cinquième anniversaire de la mort du cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân, anciennement président du Conseil pontifical «Justice et Paix», et de participer à l’ouverture de sa cause en vue de la canonisation.

Le cardinal Van Thuân avait été nommé archevêque coadjuteur de Saïgon quelques jours seulement avant que cette ville ne tombe aux mains des troupes communistes nord-vietnamiennes, et que ne se termine la guerre du Vietnam. Peu après l’entrée des communistes dans la ville, l’archevêque Van Thuân a été arrêté. S’ensuivirent 13 années d’emprisonnement et trois autres de résidence surveillée, même s’il ne passa jamais en jugement et ne fut reconnu coupable d’aucun crime.

À sa libération, l’archevêque Van Thuân se rendit au Vatican d’où il continua à servir l’Église jusqu’à sa mort, en 2002.

Le cardinal avait l’habitude de dire qu’un prisonnier, par définition, mène une existence toute entière conditionnée par l’attente : il attend l’heure du repas, de parler à quelqu’un, de se dégourdir les jambes dans la cour et, surtout, il attend sa libération.

Le cardinal raconta que durant sa propre captivité, il songeait souvent à un autre évêque catholique qui avait été emprisonné en Chine et qui, à sa libération, avait dit : «J’aurai passé la moitié de ma vie à attendre.» Le cardinal Van Thuân avait pour sa part résolu de ne pas subir pareil sort. Il s’organisa pour vivre sa vie au présent et de vivre le plus possible en chrétien, même en prison.

Aux yeux du cardinal Van Thuân, un chrétien est «un homme ancré dans le présent», dans l’ici et le maintenant. Il voyait donc en chaque chrétien une personne qui vit dans le présent, qui agit de manière à faire une différence dans sa vie comme dans celle de ceux qui l’entourent.

La vie sainte menée par le cardinal est très inspirante, et je suis persuadé que sa cause pour la canonisation recueillera beaucoup de suffrages. Tandis que j’étais assis et que j’écoutais Benoît XVI parler avec beaucoup d’affection de son ami, le cardinal Van Thuân, je n’ai pu m’empêcher de songer à l’importance que revêt également celui-ci aux yeux des Chevaliers de Colomb. D’emblée, j’ai bien sûr pensé à tous les hommes catholiques d’origine vietnamienne qui s’étaient joints à l’Ordre ces dernières années, ainsi qu’à tous ceux qui feront de même dans les années à venir.

Puis, je me suis arrêté à la description faite par le cardinal Van Thuân, à l’effet que le chrétien était «un homme ancré dans le présent». J’ai songé aux nombreuses fois où j’avais entendu un frère Chevalier dire quelque chose comme : «L’an prochain, lorsque je serai Grand Chevalier (ou Fidèle Navigateur ou Député d’État), je vais m’atteler au recrutement de nouveaux membres ou à l’amélioration de nos programmes caritatifs ou fraternels.»

Trop souvent, nous sommes portés à reporter nos bonnes idées ou nos meilleurs efforts à plus tard. Pourtant, comme le suggérait le cardinal Van Thuân, tout remettre à une date ultérieure est souvent une grave erreur. Au contraire, il n’y aura jamais de meilleur moment que maintenant. Or, si l’on met à profit l’instant présent du mieux possible, nous découvrirons que conséquemment, l’avenir a toutes les chances d’être encore meilleur et rempli d’encore plus de possibilités.

Nous nous dirigeons rondement, encore une fois, vers une année fraternelle remplie de succès. Prenons donc la résolution de suivre l’exemple de ce saint homme qui sera peut-être bientôt canonisé. Soyons des «hommes ancrés dans le présent» qui ont à cœur d’écrire un glorieux nouveau chapitre dans l’histoire des Chevaliers de Colomb.

Voilà tout spécialement le devoir des fidèles laïcs et des Chevaliers de Colomb — s’employer à conformer la société et ses institutions à la réalité de l’Évangile. Dans les jours à venir, nous devons tous, individuellement et collectivement, nous engager envers cette responsabilité.

Vive Jesus!