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| Carl A. Anderson |
DANSSONLIVRE ÉCRITEN 1968, Introduction au christianisme (éditions du Cerf, réédité en 2005), le pape Benoît XVI à lépoque le père Joseph Ratzinger sattaque à un point quil décrit comme «lobstacle de base» à la foi chrétienne. Il sexprime en substance ainsi: «Cela irrite de penser que Dieu doive transiter par des tiers avant de nous atteindre: par lÉglise, les sacrements, les dogmes [
] Cela amène à poser la question de savoir si Dieu habite également les institutions, les événements ou encore les paroles? En tant quÊtre éternel, nentre-t-il pas en contact avec chacun de nous de lintérieur ? [
] Dieu na pas besoin de canaux intermédiaires pour pénétrer dans lâme de quiconque [
] rien ni personne ne peut atteindrelhomme aussi inti-mement et profondément que Lui.»
Nous avons tous déjà entendu ces arguments. Les protestants, par exemple, dénoncent le caractère en quelque sorte fabriqué de lÉglise catholique en faisant ressortir queux-mêmes nont pas de structure similaire, dans leurs diverses communautés de foi. Dautres encore, qui nappartiennent à aucune Église, ne voient pas du tout lintérêt davoir une religion organisée; ceux-là disent se contenter de leur propre relation personnelle avec Dieu.
Ces deux derniers arguments semblent trouver un écho favorable dans les sociétés à la longue tradition protestante, ainsi que là où la laïcisation grandissante ne souhaite pas sencombrer dinstitutions ecclésiales fortes et dynamiques.
Fait intéressant, le pape Benoît XVI se dit daccord avec les idées fondamentales derrière ces deux questions: Dieu nhabite pas les institutions humaines et il na besoin de personne, y compris des canaux intermédiaires. Mais Benoît XVI insiste cependant pour dire quil faut en parallèle considérer une autre vérité.
Il écrit que «précisément à cette étape du raisonnement, nous devons ajouter cette déclaration supplémentaire: la foi chrétienne nest pas basée sur lindividu atomisé mais elle découle plutôt de la connaissance voulant quil nexiste pas une telle chose quun simple individu, quau contraire lhomme est vraiment lui-même seulement lorsquil sinscrit dans le tout.» Il ajoute plus loin : «Êtreun chrétien, cela signifie essentiellement passer dêtre pour soi-même à être les uns pour les autres.»
Autrement dit, être chrétien signifie sinsérerdans une communauté et une tradition. En tant que chrétiens, nous avons accès à une nouvelle unité, et personne ne peut réellement parler ou agir comme un chrétien de son propre chef. Mgr Joseph Murphy, auteur de Christ Our Joy : The Theological Vision of Pope Benedict XVI (Christ notre joie :La Vision théologique du pape Benoît XVI) (Ignatius Press, 2008) et un des responsables du Secrétariat dÉtat du Vatican, traduit cette vérité ainsi : «Parler ou agir comme un chrétien signifie que lon nest jamais seul, isolé dans son coin. Devenir chrétien implique que lon accepte lÉglise dans sa totalité ou, plus précisément, que lon se permet à soi-même dêtre accepté intérieurement en elle.»
Cette observation revêt une signification profonde pour les Chevaliers de Colomb, dévoués comme nous le sommes envers les principes de charité, dunité et de fraternité. Elle est à la base de notre solide tradition de solidarité avec nos prêtres, nos évêques et nos papes, et elle explique pourquoi nous travaillons si fort à aider à laffermissement de nos paroisses.
Cest aussi pourquoi, dans la foulée du voyage de Benoît XVI aux États-Unis en avril dernier, nous nous efforçons plus que jamais de lui emboîter le pas dans laffermissement de notre Église.
Cela revêt également une signification importante alors que nous continuons à nous employer à être ce que le pape Jean-Paul II nous a appelés à être: un peuple de la vie et un peuple pour la vie unis comme catholiques dans la formidable cause pour défendre la vie, surtout à ses stades les plus vulnérables. Hélas, être pro-vie, pour certains catholiques, demeure «un obstacle». Sur cette question, ceuxlà se sont détachés et isolés de la tradition chrétienne. En tant que Chevaliers, notre devoir est toujours de promouvoir lunité au sein de lÉglise. Nous devons redoubler defforts pour aider chaque catholique à réaliser plus clairement quêtre catholique signifie accepter lÉglise dans sa totalité, surtout en respectant les vies de tous.
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