Unis pour la vie

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9/1/2008
Être catholique signifie accepter l’Église danssa totalité, surtout en respectant les vies detous

par Chevalier Suprême Carl A. Anderson

Carl A. Anderson

DANSSONLIVRE ÉCRITEN 1968, Introduction au christianisme (éditions du Cerf, réédité en 2005), le pape Benoît XVI à l’époque le père Joseph Ratzinger — s’attaque à un point qu’il décrit comme «l’obstacle de base» à la foi chrétienne. Il s’exprime en substance ainsi: «Cela irrite de penser que Dieu doive transiter par des tiers avant de nous atteindre: par l’Église, les sacrements, les dogmes […] Cela amène à poser la question de savoir si Dieu habite également les institutions, les événements ou encore les paroles?  En tant qu’Être éternel, n’entre-t-il pas en contact avec chacun de nous de l’intérieur ? […] Dieu n’a pas besoin de canaux intermédiaires pour pénétrer dans l’âme de quiconque […] rien ni personne ne peut atteindrel’homme aussi inti-mement et profondément que Lui.»

Nous avons tous déjà entendu ces arguments. Les protestants, par exemple, dénoncent le caractère en quelque sorte fabriqué de l’Église catholique en faisant ressortir qu’eux-mêmes n’ont pas de structure similaire, dans leurs diverses communautés de foi. D’autres encore, qui n’appartiennent à aucune Église, ne voient pas du tout l’intérêt d’avoir une religion organisée; ceux-là disent se contenter de leur propre relation personnelle avec Dieu.

Ces deux derniers arguments semblent trouver un écho favorable dans les sociétés à la longue tradition protestante, ainsi que là où la laïcisation grandissante ne souhaite pas s’encombrer d’institutions ecclésiales fortes et dynamiques.

Fait intéressant, le pape Benoît XVI se dit d’accord avec les idées fondamentales derrière ces deux questions: Dieu n’habite pas les institutions humaines et il n’a besoin de personne, y compris des canaux intermédiaires. Mais Benoît XVI insiste cependant pour dire qu’il faut en parallèle considérer une autre vérité.

Il écrit que «précisément à cette étape du raisonnement, nous devons ajouter cette déclaration supplémentaire: la foi chrétienne n’est pas basée sur l’individu atomisé mais elle découle plutôt de la connaissance voulant qu’il n’existe pas une telle chose qu’un simple individu, qu’au contraire l’homme est vraiment lui-même seulement lorsqu’il s’inscrit dans le tout.» Il ajoute plus loin : «Êtreun chrétien, cela signifie essentiellement passer d’être pour soi-même à être les uns pour les autres.»

Autrement dit, être chrétien signifie s’insérerdans une communauté et une tradition. En tant que chrétiens, nous avons accès à une nouvelle unité, et personne ne peut réellement parler ou agir comme un chrétien de son propre chef. Mgr Joseph Murphy, auteur de Christ Our Joy : The Theological Vision of Pope Benedict XVI (Christ notre joie :La Vision théologique du pape Benoît XVI) (Ignatius Press, 2008) et un des responsables du Secrétariat d’État du Vatican, traduit cette vérité ainsi : «Parler ou agir comme un chrétien signifie que l’on n’est jamais seul, isolé dans son coin. Devenir chrétien implique que l’on accepte l’Église dans sa totalité ou, plus précisément, que l’on se permet à soi-même d’être accepté intérieurement en elle.»

Cette observation revêt une signification profonde pour les Chevaliers de Colomb, dévoués comme nous le sommes envers les principes de charité, d’unité et de fraternité. Elle est à la base de notre solide tradition de solidarité avec nos prêtres, nos évêques et nos papes, et elle explique pourquoi nous travaillons si fort à aider à l’affermissement de nos paroisses.

C’est aussi pourquoi, dans la foulée du voyage de Benoît XVI aux États-Unis en avril dernier, nous nous efforçons plus que jamais de lui emboîter le pas dans l’affermissement de notre Église.

Cela revêt également une signification importante alors que nous continuons à nous employer à être ce que le pape Jean-Paul II nous a appelés à être: un peuple de la vie et un peuple pour la vie — unis comme catholiques dans la formidable cause pour défendre la vie, surtout à ses stades les plus vulnérables. Hélas, être pro-vie, pour certains catholiques, demeure «un obstacle». Sur cette question, ceuxlà se sont détachés et isolés de la tradition chrétienne. En tant que Chevaliers, notre devoir est toujours de promouvoir l’unité au sein de l’Église. Nous devons redoubler d’efforts pour aider chaque catholique à réaliser plus clairement qu’être catholique signifie accepter l’Église dans sa totalité, surtout en respectant les vies de tous.

¡Vivat Jesus!