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| Carl A. Anderson |
Tandis que j’éris ces mots, un important journal de l’économie vient de publier les résultats d’une enquête auprès de gestionnaires financiers ayant répondu à la question :
« Combien de temps avant que le secteur financier recouvre sa vigueur d’avant la crise ? » Plus de 50 pour cent des répondants ont dit que cela prendrait de trois à cinq ans, tandis que 20 pour cent parmi les interrogés penchent plutôt pour six ans et plus.
Déjà, beaucoup de gens ont perdu leurs économies et leurs pensions; d’autres ont perdu leurs emplois et leurs maisons; et certains autres ont vu s’amenuiser leur couverture en matière d’assurance maladie ainsi que leurs perspectives sur le plan des études et de la formation professionnelle. Or si les experts financiers disent vrai, nous devrons vivre encore longtemps avec ces tristes constats, tandis que nous luttons pour nous extraire de cette récession globale et de plus en plus envahissante.
Puis, comme si ces problèmes ne suffisaient pas, chaque jour ou presque apporte son lot d’incertitude, de pessimisme et même de peur. En ces temps où on attend beaucoup des organisations caritatives, plusieurs de ces dernières déplorent une baisse dramatique dans les dons et contributions.
Qu’en est-il des Chevaliers de Colomb ? Tout d’abord, laissez-moi préciser que si nous n’avons pas été épargnés par la crise financière, nous n’en demeurons pas moins extraordinairement forts. Notre santé financière par rapport à l’industrie dans son ensemble s’est grandement améliorée – notre bilan est meme meilleur aujourd’hui qu’il y a un an.
Nos frères Chevaliers et leurs familles devraient donc continuer à faire confiance à notre stabilité financière hors du commun.
Chaque frère Chevalier devrait aussi avoir confiance dans la capacité de notre Ordre à agir, en vue d’aider la société à résoudre la présente crise. Nous nous félicitons tous, à bon droit, de notre action caritative – y compris des 145 $ millions versés en contributions et des 69 millions d’heures de bénévolat accomplies durant la seule dernière année fraternelle – tout comme nous sommes fiers de notre service exceptionnel dans la foulée des attentats du 11 septembre ainsi que des ouragans Rita et Katrina.
La remarquable vigueur des Chevaliers de Colomb ne réside toutefois pas seulement dans notre capacité à donner de l’argent, mais également dans notre capacité à agir au profit des personnes dans le besoin. À la base même de notre structure se trouvent des milliers de Conseils actifs, tous motivés par les principes chrétiens de la charité, l’unité et la fraternité.
Voilà le vrai « secret » de l’oeuvre caritative de l’Ordre. Comme l’écrit le pape Benoît XVI dans Deus Caritas Est: « La participation profonde et personnelle aux besoins et aux souffrances d’autrui devient ainsi une façon de m’associer à lui […] je dois donner (à autrui) non seulement quelque chose de moi, mais moi-même, je dois être présent dans le don en tant que personne » (34).
Mais si le pape, ce faisant, a illuminé le chemin que nous devrions prendre, il a également insisté sur le défi qui nous attend : « L’Église est la famille de Dieu dans le monde. Dans cette famille, personne ne doit souffrir par manque du nécessaire » (25).
Bien entendu, cette famille ne peut non plus rester les bras croisés tandis que ses voisins souffrent.
Bien qu’il soit sûrement difficile pour plusieurs d’entre nous de contribuer davantage sur le plan financier aux oeuvres caritatives, nous pouvons tous en revanche donner un peu plus de notre temps – autrement dit, donner un peu plus de nous-mêmes. Si chaque membre des Chevaliers de Colomb fournissait seulement une heure additionnelle de bénévolat chaque semaine – moins de 10 minutes par jour – la valeur en argent d’un tel don dépasserait les 1,7 $ milliard cette année.
Durant la Grande Dépression, on entendait souvent les gens s’adresser aux passants : « Hé mon ami, tu n’aurais pas dix sous pour moi ? ». Aujourd’hui, pour nous, la question devrait être : « Hé mon frère, pourrais- tu m’accorder 10 minutes de ton temps ? » Car si nous sommes assez nombreux à le faire, nous pouvons changer le monde – sinon pour tous les habitants de cette planète, du moins pour les nombreuses personnes qui dépendent de l’aide des Chevaliers de Colomb.
Durant toute notre longue histoire, nous avons affronté des défis inattendus que nous avons toujours relevés avec détermination et créativité. J’ai pleinement confiance qu’à nouveau cette fois-ci, nous allons répondre à l’appel.
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