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Le véritable amour

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8/1/2009
 
La nouvelle lettre encyclique du pape illumine les grands commandements d’amour.

by Supreme Knight Carl A. Anderson

La plus récente encyclique du pape Benoît XVI, Caritas in Veritate (L’amour dans la vérité) devrait nous rappeler l’importance du premier principe de notre Ordre.

Dans son introduction, le pape écrit : « La charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l’Église. » Puis, il explique que notre charité – notre amour – doit cependant être authentique. « Dépourvu de vérité, dit-il, l’amour bascule dans le sentimentalisme. » D’un autre côté, « vivre la charité dans la vérité conduit à comprendre que l’adhésion aux valeurs du christianisme est un élément non seulement utile, mais indispensable pour l’édification d’une société bonne et d’un véritable développement humain intégral.»

On peut s’intéresser à ces instructions à la lueur du Notre-Père, que nous récitons régulièrement. Le pape Benoît XVI cite les deux premiers mots de cette prière – « Notre Père » – à la fin de son encyclique. Si nous prenons ces mots vraiment à coeur, nous comprenons cette vérité essentielle voulant que nous soyons tous les membres d’une même famille.

Dans ce contexte, on comprend mieux en quoi la loi et les prophètes sont tout entiers contenus dans les deux grands commandements du Christ – que nous aimions Dieu de tout coeur et notre prochain comme nous-mêmes (voir Mt 22.37-40). Ainsi nous pouvons parler de « charité dans la vérité ».

Lorsque nous comprenons que nous sommes tous membres de la même famille humaine et que nous acceptons ces deux commandements, nous ne pouvons plus poser la question de Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère? » (Gn 4.9). Nous devons plutôt comprendre que notre liberté ne consiste pas seulement à amasser le plus de richesse possible. En lieu et place, toutes nos actions devraient refléter la réalité de ce lien familial avec notre prochain, et nous devrions tenir compte du fait que tout ce que nous faisons affecte les autres. En fait, être chrétien c’est être un homme ou une femme au service d’autrui.

Tel est le magnifique message de cette encyclique.

Hélas, tous ne le verront pas de la sorte. Certains vont tenter d’assimiler le texte du pape à un document politique, pour appuyer ou démontrer leurs propres préférences politiques ou philosophiques. Mais c’est faire là une grave erreur. Comme le déclare la lettre elle-même, « L’Église n’a pas de solutions techniques

à offrir et ne prétend “aucunement s’immiscer dans la politique des États”. Elle a toutefois une mission de vérité à remplir [...] » (9).

La question n’est donc pas de savoir si l’encyclique valide ou non notre point de vue, mais plutôt de voir en quoi elle peut nous aider à grandir dans notre foi, en tant qu’enfants de Dieu et que membres de la famille humaine. Tous les êtres humains, y compris ceux en instance de naître, font partie de cette famille. Le pape a été parfaitement clair là-dessus : « L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement. Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour oeuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent » (28, l’accentuation est dans le texte original).

De plus, le Saint-Père a souligné que la liberté religieuse est aussi un élément clé de ce développement. Il écrit : « La religion chrétienne et les autres religions peuvent apporter leur contribution au développement seulement si Dieu a aussi sa place dans la sphère publique, et cela concerne les dimensions culturelle, sociale, économique et particulièrement politique » (56, l’accentuation est dans le texte original).

Dans ce numéro de Columbia, nous nous penchons sur la contribution de l’Église catholique dans les domaines des soins de santé, des services sociaux, de l’éducation et de la liberté de culte. Si l’action de l’Église a été partout couronnée de succès, c’est grâce à l’engagement personnel de chaque catholique à faire véritablement la charité, animé par un amour authentique.

Rendons hommage à leur héritage et donnons suite à l’appel du pape en renouvelant notre engagement à toujours faire la charité dans la vérité.

Vivat Jesus!