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Récemment, le pape Benoît XVI sest trouvé au centre dune controverse dans les médias italiens, à la suite dun discours au cours duquel il blâmait les discussions internationales marquées de relativisme, pensée philosophique qui désavoue «la vérité sur lhomme et sa dignité» et rejette également «la possibilité détablir une éthique fondée sur la reconnaissance de la loi naturelle».
Ce qui est à interpréter, daprès les commentateurs italiens, que le pape se prépare à sen prendre aux Nations unies quand il sadressera à lAssemblée générale au cours de son voyage aux États-Unis en avril prochain.
Le Vatican répondait que tel nétait pas le cas. Tout comme ces prédécesseurs immédiats, le pape Benoît appuie toujours lONU. De fait, alors que nous nous approchons du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de lhomme, il conviendrait plutôt de percevoir les commentaires du pape comme une défense solide de la mission originelle des Nations unies, à savoir celle de construire une communauté mondiale fondée sur la suprématie du droit, la raison et les droits de lhomme.
Cest une position qui saute aux yeux des Américains. Nos Pères fondateurs reconnaissaient la loi naturelle et rejetaient le relativisme lorsquils déclarèrent que tous les êtres humains sont dotés par leur créateur de droits inaliénables. Néanmoins, les préoccupations des médias italiens ont donné lieu à des préoccupations semblables aux États-Unis.
Daucuns suggèrent quil y eut un précédent de maladresses de la part du pape: le discours de Regensburg qui se portait à la défense de la raison et au rejet de la violence au nom de la religion; la visite dAuschwitz et lénoncé selon lequel des millions de chrétiens avaient aussi été tués par le régime nazi dans les camps de la mort (y compris des milliers de prêtres catholiques), et finalement, au cours du voyage au Brésil alors quil rejetait lidée que le christianisme avait été imposé aux peuples autochtones de notre hémisphère.
Ces controverses se prolongent bien au-delà des manchettes ou de «petits phrases». À Regensburg, le pape sest porté à la défense de la réalisation du catholicisme qui, de saint Augustin à saint Thomas dAquin, a su réconcilier foi et raison, grâce à une vision mondiale cohérente pouvant repérer des alternatives à la tradition humaine, vieille comme le monde, dagir comme si «la force prime le droit».
En rejetant cette importante réalisation de la chrétienté occidentale, on peut facilement passer sous silence les racines chrétiennes de lEurope. De même, en ne tenant aucun compte les millions de chrétiens tués par les nazis, on arrive plus facilement se laisser influencer par lidée dun «pape dHitler» sans aucune préoccupation pour les camps de la mort nazis. Enfin, laffirmation selon laquelle le christianisme fut imposé aux peuples autochtones du Nouveau Monde, amoindrit la légitime évangélisation de 500 ans et outrepasse tout à fait le miracle de Notre Dame de Guadalupe, qui apparut à ces peuples, non pas avec la puissance du conquérant envahisseur mais avec lhumilité de la moins puissante des leurs: une jeune métisse enceinte qui se distingua non pas par lépée mais par un bouquet de fleurs.
Dans chacun des cas, les critiques de lÉglise ont tenté de réécrire lhistoire en vue de placer le catholicisme sur la défensive dans les «guerres culturelles» de notre époque. Peut-être, selon certains contestataires, le pape devrait prévoir comment les élites séculières et dautres se serviront de ses paroles pour sadonner à la controverse. Le pape ne devrait pas être assujetti au jeu des «attrapes médiatiques» qui font lapanage de tant dinformations médiatisées. Le pape est une des grandes figures intellectuelles et morales de notre temps, qui, sans détour, défend notre Église.
Ailleurs dans ce numéro de Columbia nous jetons un regard sur lhabileté des catholiques de pouvoir influencer la société du 21e siècle. Certes, il nous revient une tâche considérable. Mais je suggérerais que nous commencions par ceci: Que tous et chacun évêques, prêtres et laïques nous affrontions lavenir ensemble, marchant côte à côte en solidarité avec notre grand pape.
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