En défense solidaire

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2/1/2008
Face à l’avenir, épaule contre épaule, en solidarité avec notre pape, nos évêques et nos prêtres.

par Chevalier Suprême Carl A. Anderson

Récemment, le pape Benoît XVI s’est trouvé au centre d’une controverse dans les médias italiens, à la suite d’un discours au cours duquel il blâmait les discussions internationales marquées de relativisme, pensée philosophique qui désavoue «la vérité sur l’homme et sa dignité» et rejette également «la possibilité d’établir une éthique fondée sur la reconnaissance de la loi naturelle».

Ce qui est à interpréter, d’après les commentateurs italiens, que le pape se prépare à s’en prendre aux Nations unies quand il s’adressera à l’Assemblée générale au cours de son voyage aux États-Unis en avril prochain.

Le Vatican répondait que tel n’était pas le cas. Tout comme ces prédécesseurs immédiats, le pape Benoît appuie toujours l’ONU. De fait, alors que nous nous approchons du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il conviendrait plutôt de percevoir les commentaires du pape comme une défense solide de la mission originelle des Nations unies, à savoir celle de construire une communauté mondiale fondée sur la suprématie du droit, la raison et les droits de l’homme.

C’est une position qui saute aux yeux des Américains. Nos Pères fondateurs reconnaissaient la loi naturelle et rejetaient le relativisme lorsqu’ils déclarèrent que tous les êtres humains sont dotés par leur créateur de droits inaliénables. Néanmoins, les préoccupations des médias italiens ont donné lieu à des préoccupations semblables aux États-Unis.

D’aucuns suggèrent qu’il y eut un précédent de maladresses de la part du pape: le discours de Regensburg qui se portait à la défense de la raison et au rejet de la violence au nom de la religion; la visite d’Auschwitz et l’énoncé selon lequel des millions de chrétiens avaient aussi été tués par le régime nazi dans les camps de la mort (y compris des milliers de prêtres catholiques), et finalement, au cours du voyage au Brésil alors qu’il rejetait l’idée que le christianisme avait été imposé aux peuples autochtones de notre hémisphère.

Ces controverses se prolongent bien au-delà des manchettes ou de «petits phrases». À Regensburg, le pape s’est porté à la défense de la réalisation du catholicisme qui, de saint Augustin à saint Thomas d’Aquin, a su réconcilier foi et raison, grâce à une vision mondiale cohérente pouvant repérer des alternatives à la tradition humaine, vieille comme le monde, d’agir comme si «la force prime le droit».

En rejetant cette importante réalisation de la chrétienté occidentale, on peut facilement passer sous silence les racines chrétiennes de l’Europe. De même, en ne tenant aucun compte les millions de chrétiens tués par les nazis, on arrive plus facilement se laisser influencer par l’idée d’un «pape d’Hitler» sans aucune préoccupation pour les camps de la mort nazis. Enfin, l’affirmation selon laquelle le christianisme fut imposé aux peuples autochtones du Nouveau Monde, amoindrit la légitime évangélisation de 500 ans et outrepasse tout à fait le miracle de Notre Dame de Guadalupe, qui apparut à ces peuples, non pas avec la puissance du conquérant envahisseur mais avec l’humilité de la moins puissante des leurs: une jeune métisse enceinte qui se distingua non pas par l’épée mais par un bouquet de fleurs.

Dans chacun des cas, les critiques de l’Église ont tenté de réécrire l’histoire en vue de placer le catholicisme sur la défensive dans les «guerres culturelles» de notre époque. Peut-être, selon certains contestataires, le pape devrait prévoir comment les élites séculières et d’autres se serviront de ses paroles pour s’adonner à la controverse. Le pape ne devrait pas être assujetti au jeu des «attrapes médiatiques» qui font l’apanage de tant d’informations médiatisées. Le pape est une des grandes figures intellectuelles et morales de notre temps, qui, sans détour, défend notre Église.

Ailleurs dans ce numéro de Columbia nous jetons un regard sur l’habileté des catholiques de pouvoir influencer la société du 21e siècle. Certes, il nous revient une tâche considérable. Mais je suggérerais que nous commencions par ceci: Que tous et chacun — évêques, prêtres et laïques — nous affrontions l’avenir ensemble, marchant côte à côte en solidarité avec notre grand pape.

Vivat Jesus!