La famille: d'abord et avant tout!

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5/23/2006
La famille est au cœur de la culture de la vie et il faut faire des efforts agressifs pour préserver la famille et le mariage sacramentel.

par Chevalier Suprême Carl A. Anderson

Nous soulignons cette année le 115e anniversaire de la formidable encyclique du pape Léon XIII, Rerum Novarum, véritable charte sociale qui exposait pour la première fois le monde à la présentation formelle de la doctrine sociale de l’Église.

En son époque, Rerum Novarum avait été accueillie par les catholiques du monde entier comme une sorte de Magna Carta des droits des travailleurs, puisque l’encyclique défendait vigoureusement le droit à la syndicalisation, à la rémunération équitable et à des lois plus justes quant au travail des femmes et des enfants.

Dans son encyclique, le pape Léon défendait également le droit des citoyens à mettre sur pied des associations destinées à pourvoir à leur propre mieux-être économique et social. Mais il mettait du même coup les gens en garde contre les organisations «dirigées par des chefs secrets» et dont les principes ne sont «pas en harmonie», ni avec le christianisme ni avec le bien-être des États eux-mêmes.

Le Saint-Père concluait son appel pour plus de justice sociale dans l’économie politique par une invitation à plus de charité chrétienne, qu’il décrivait comme étant «la reine et maîtresse de toutes les vertus» et «qui résume [à elle seule] tout l’Évangile». À bien des égards, cette encyclique, promulguée près d’une décennie après la fondation des Chevaliers de Colomb en 1882, venait valider la vision de l’abbé Michael J. McGivney.

En 1991, lors du 100e anniversaire de Rerum Novarum, le pape Jean-Paul II a promulgué l’une de ses propres merveilleuses encycliques sur la justice sociale, Centesimus Annus. Jean-Paul II souhaitait ainsi mettre en relief «la valeur permanente» de la doctrine sociale de l’Église et encourager «un grand mouvement pour la défense de la personne humaine et la protection de sa dignité.»

Dans son encyclique, Jean-Paul II nous rappelle que la famille fondée sur le mariage «est la première structure fondamentale pour une ‘écologie humaine’» et l’établissement d’une société juste.

« Il faut en revenir, poursuit le pape, à considérer la famille comme le sanctuaire de la vie. En effet, elle est sacrée, elle est le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée contre les nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d’une croissance humaine authentique. Contre ce qu’on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie.»

Ce mois-ci, nous nous sommes associés aux évêques des États-Unis et à des millions de catholiques et autres personnes de bonne volonté dans «un grand mouvement à la défense de la personne et de la dignité humaines».

Nous l’avons fait par le truchement de notre appui à l’amendement à la Constitution américaine en vue de la protection du mariage, lequel assurerait que la définition légale du mariage «ne saurait concerner toute autre union que celle liant un homme à une femme.»

Ces efforts viennent ainsi accompagner notre lutte incessante au Canada, où nous nous opposons aux tentatives visant à redéfinir de manière permanente le mariage afin d’y inclure les conjoints de même sexe.

Le Compendium de la doctrine sociale de l’Église, récemment publié, souligne que «la charité est le plus important commandement social». Certains prétendront peut-être que la charité nécessite une certaine permissivité, sur le plan juridique, afin d’accommoder les différents modes de vie.

Mais ce que l’on propose de faire n’a rien de nouveau pour quiconque connaît les écrits de Platon et le mode de vie des anciens Grecs et Romains. La tendance actuelle que nous combattons est en effet fondamentalement opposée à ce qu’enseignent les 2 000 ans de tradition familiale et de doctrine de l’Église.

Aujourd’hui, quand nous pensons à ceux qui, au 19e siècle, se sont si fortement opposés aux directives prônées par l’Église en matière de remunération équitable, du travail des enfants et des droits des travailleurs, non seulement nous estimons qu’ils étaient mal avisés, mais ils ont aussi blessé des millions de personnes.

Pouvons-nous réellement douter du sort que réserve l’Histoire à ceux qui s’emploient à ébranler la sainteté et la stabilité de ce merveilleux don de Dieu, à savoir la famille fondée sur le mariage?

Vive Jésus!