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« Recevoir et donner la vie »

4/1/2018

par Carl A. Anderson, Chevalier Suprême

L’inversion des tendances démographiques négatives dépendra de l’acceptation de la sagesse de l’Église au sujet du mariage et de la famille

Carl A. Anderson

Carl A. Anderson

EN 1980, j’ai eu l’occasion de prendre la parole à Rome lors d’une conférence sur l’avenir de la famille en Europe et en Afrique, parrainée par la Faculté de médecine de l’université catholique du Sacré-Coeur.

Au cours de la réunion, une jeune mère africaine s’est présentée ainsi que son nouveau-né. Elle nous a dit que son bébé s’appelait « Gift Francis » (François le Don), et qu’elle avait choisi ce prénom parce que, lorsqu’elle était enceinte, un curé, missionnaire franciscain, lui avait dit que son enfant était un don de Dieu.

J’ai pensé à Gift Francis au cours du dernier Avent, au moment où le Pape François plaignait les nations qui sont entrées dans un hiver démographique parce qu’elles ont « choisi la stérilité ». Le Pape François a opposé cela au mode de vie du chrétien qui est ouvert à « recevoir et donner la vie ».

Les mots du pape faisaient suite à une récente étude publiée par Demographic Intelligence, qui annonce que le taux de naissance aux États-Unis a chuté à son niveau le plus bas depuis 30 ans, soit 1,77 enfant par femme. L’étude prédit que le taux de naissance aux États-Unis sera au taux de croissance le plus bas depuis les années de la Grande Dépression de 1936 à 1937.

De nombreux facteurs influencent cette tendance à la croissance négative ; nous en avions identifié un grand nombre lors de notre conférence de 1980. Mais désormais, certains spécialistes suggèrent l’existence possible d’un nouveau facteur : une corrélation entre le taux de naissance et l’utilisation accrue des médias sociaux.

Ils affirment que l’augmentation du temps consacré à la réalité virtuelle n’a pas seulement diminué les interactions humaines réelles, mais a créé une nouvelle hésitation à s’engager dans des relations à long terme telles que le mariage, et particulièrement à assumer la responsabilité d’élever des enfants.

Cette année, dans une colonne précédente, j’ai évoqué l’émergence d’une nouvelle crise, du fait que les avancées scientifiques dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la robotique et la génétique brouillent notre compréhension de ce que cela signifie d’être humain, voire d’agir de manière humaine.

J’ai écrit qu’à cet égard, l’encyclique de 1968 du Pape Paul VI, Humanae Vitae, était véritablement prophétique.

À l’aube du 50e anniversaire de l’encyclique, efforçons-nous de retrouver son enseignement essentiel, qui est que « l’amour conjugal révèle sa vraie nature et sa vraie noblesse quand on le considère dans sa source suprême, Dieu qui est amour » (8) et que « c’est avant tout un amour pleinement humain » (9).

Si nous ne retrouvons pas cette compréhension de « la vraie nature et la vraie noblesse » de l’amour conjugal, nombre de jeunes catholiques qui vivent dans une culture intégralement sécularisée trouveront de plus en plus difficile — voire impossible — de comprendre « la réalisation humaine » et ce que cela signifie que d’être « pleinement humain ».

Nous avons besoin qu’un plus grand nombre de couples catholiques adoptent l’attitude décrite par le Pape François : une vie d’une telle générosité et d’un tel sacrifice qu’ils sont désireux « de recevoir et de donner la vie ».

Ceci exigera que nous fassions tous de plus grands efforts pour transmettre l’enseignement essentiel de Humanae Vitae au sujet de la dignité et de la mission du mariage. C’est l’un des grands défis pastoraux auxquels l’Église fait face dans notre temps.

L’Ordre des Chevaliers de Colomb cherche à renforcer les familles catholiques en aidant les hommes et les femmes à comprendre leur mission de conjoints et parents en termes d’« église domestique ».

Nous espérons qu’un plus grand nombre de familles catholiques apprécieront dans la vie quotidienne comment, selon les mots de Paul VI, « Pour les baptisés, le mariage (…) représente l’union du Christ et de l’Église » (8).

Parfois, ceci exigera des couples catholiques qu’ils agissent avec héroïsme. Parfois, nous tous répondrons de manière imparfaite. Mais ceci devrait renforcer, et non pas diminuer, notre détermination à nous accompagner les uns les autres et nous entraider pour remplir la noble mission transmise à nos familles. La sauvegarde de cette mission a été confiée, par la clairvoyance de l’abbé McGivney, à notre noble Ordre.

Vivat Jesus!