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Nous ne sommes pas seuls

2/1/2019

par Carl A. Anderson, Chevalier Suprême

Un message du Chevalier suprême Carl Anderson sur l’histoire de l’Ordre, une histoire de charité et d’opposition aux préjugés religieux

Carl A. Anderson

Carl A. Anderson

NOTE DE LA RÉDACTION : Le message suivant du Chevalier suprême, adressé à tous les membres des Chevaliers de Colomb, a été envoyé par e-mail et publié sur kofc.org le 1er janvier.

Cher frère Chevalier,

Il y a eu des moments dans le passé des États-Unis où des gens mal informés ou pleins de préjugés doutaient de la capacité des catholiques à être de bons citoyens ou des fonctionnaires honnêtes. C’est pourquoi l’abbé McGivney choisit le nom de « Colomb » pour notre Ordre : le découvreur était la personnalité catholique de l’histoire américaine la plus admirée et acceptée à l’époque. En fait, depuis notre fondation en 1882, jusqu’à l’élection du frère Chevalier John F. Kennedy en 1960, beaucoup de gens continuaient à soutenir que les catholiques ne convenaient pas pour une charge publique. Pendant toute cette période, les Chevaliers de Colomb ont travaillé pour combattre ce préjugé.

Malheureusement, il semble que, dans certains milieux, ce préjugé persiste. [i] D’abord, en 2017, un professeur de droit de Notre-Dame a été considéré comme inapte à un poste de juge fédéral par un sénateur des États-Unis qui avait peur que « le dogme parle fort en vous ». Maintenant, deux autres sénateurs ont mis en question la compétence d’un frère Chevalier pour la cour fédérale, la raison précise étant que notre Ordre est fermement attaché aux enseignements de l’Église sur le caractère sacré de la vie et du mariage.

De telles attaques, sur la base de notre foi catholique, n’ont rien de nouveau. L’ordre des Chevaliers de Colomb a été fondé durant une période d’intolérance à l’égard des catholiques. Nous nous sommes dressés contre cela à l’époque, et nous nous dressons contre cela à présent. Nous plaidons contre les persécutions dans le monde depuis près d’un siècle. Simultanément, dans ce pays nous nous sommes opposés au Ku Klux Klan et à ses tentatives d’interdire l’éducation catholique, et nous avons publié des livres sur les contributions afro-américaines et juives à l’histoire américaine, et ce des décennies avant le mouvement pour les droits civiques. Plus récemment, nous avons appuyé les Petites Soeurs des Pauvres dans leur lutte pour la liberté religieuse et nous avons travaillé aussi bien avec l’administration Obama qu’avec l’administration Trump (et avec les représentants des deux partis du Congrès) pour aider les chrétiens, les yézidis et les musulmans chiites ciblés par le génocide de Daech.

Depuis son tout début, les Chevaliers de Colomb sont une organisation qui adhère aux enseignements de l’Église catholique. Comme l’Église, notre motivation principale en toute chose est le magnifique commandement du Christ : aimer Dieu pleinement, et notre prochain comme nous-mêmes.

Comme l’explique le Compendium de la doctrine sociale de l’Église: « Jésus-Christ nous révèle que “Dieu est amour” (1 Jn 4:8), et Il nous enseigne que “la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l’amour” ». [ii]

Cet amour nous conduit à faire de grands efforts de charité envers ceux qui sont dans le besoin. Depuis les centres-villes des États-Unis jusqu’aux camps de réfugiés du Moyen-Orient, les dons de notre Ordre au cours de la dernière décennie (plus d’un milliard de dollars et des centaines de millions d’heures de travail bénévole) sont le résultat de cette foi.

Ces oeuvres de charité ont des impacts pratiques qui transforment des vies quand nous aidons les gens, chez nous ici et dans le monde entier. Notre charité a aidé les victimes du typhon aux Philippines à reconstruire leurs vies et leurs moyens de subsistance ; elle a fourni des prothèses et une rééducation à des milliers de jeunes Haïtiens après le tremblement de terre ; elle met des manteaux sur des enfants pauvres qui ont froid dans certains des quartiers les plus déshérités de notre pays chaque hiver ; elle donne des fauteuils roulants à ceux qui ne pourraient pas les acheter dans des pays comme le Vietnam et le Mexique ; et elle fournit des études, des logements et des soins médicaux aux orphelins du SIDA en Afrique.

Cet amour nous motive aussi à nous tenir aux côtés de l’Église sur les questions importantes de la vie et du mariage, précisément parce que l’enseignement de l’Église reflète cet amour et repose sur lui. Nous nous tenons aux côtés de notre Église parce que nous croyons que les enseignements de notre foi correspondent à la raison, sont intemporels et transcendent les sentiments fluctuants d’une époque ou d’un lieu particulier.

Nous ne sommes pas seuls.

Dans son premier message à notre congrès international, le Pape François a demandé « à chaque Chevalier, et à chaque conseil, de témoigner de la nature authentique du mariage et de la famille, de la sainteté et de la dignité inviolable de la vie humaine, et de la beauté et de la vérité de la sexualité humaine ».

Et nos positions sur la vie ne sont pas nouvelles. Les deux Chevaliers suprêmes qui m’ont précédé se sont exprimés avec force pour défendre les droits de l’enfant à naître. En 1973, le Chevalier Suprême John McDevitt écrivit que la décision de la Cour suprême dans l’affaire Roe c. Wade était « un coup mortel porté à tous ceux qui considèrent la vie humaine comme sacrée ». Il exhortait l’Ordre à « entreprendre ou intensifier les efforts visant à compenser les effets funestes de cette décision lamentable ».

Mon prédécesseur immédiat, Virgil Dechant, déclara en 1977 : « Avec près d’1,2 million de bébés à naître tués par avortement chaque année aux États-Unis seulement, nous faisons face à une attaque contre la vie humaine qui ne peut être comparée qu’aux ravages d’une guerre sanglante. »

En bref, nos positions d’aujourd’hui, et de toujours, sont des positions catholiques.

Nous devons nous souvenir que l’article VI de la Constitution américaine interdit d’utiliser un critère religieux en vue d’une charge publique, et que le Premier amendement garantit le libre exercice de la religion, la liberté d’association et la liberté de parole. Toute allégation selon laquelle l’adhésion de l’Ordre aux croyances de l’Église catholique rend un frère Chevalier inapte à une charge publique violerait de manière flagrante ces garanties constitutionnelles.

Continuons à exprimer notre amour de Dieu et de notre prochain en aidant les personnes dans le besoin et en soutenant notre Église, quelle que soit la popularité de cette attitude. Rappelons-nous que notre « témoignage chrétien doit être considéré comme un devoir auquel on ne peut se soustraire ». [iii]

Rappelons-nous également que, depuis notre fondation, nous avons incarné cette vérité : un bon catholique est un bon citoyen, qui fait preuve de courtoisie et de dignité même face aux préjugés.

En ce début de 2019, Dorian et moi vous souhaitons une nouvelle année remplie de la joie et des merveilles de Son amour. Merci également pour toutes les nombreuses façons dont vous avez apporté de la joie dans la vie de millions de personnes autour du monde. Puisse l’inspiration de notre fondateur nous inviter à renforcer la confiance dans cet amour et à nous encourager à accomplir des oeuvres de charité plus grandes encore.

Fraternellement vôtre,

Carl A. Anderson

[i] Voir l’excellente étude historique de l’historien Philip Jenkins, The New Anti-Catholicism: The Last Acceptable Prejudice, (Oxford University Press, 2003).

[ii] Conseil pontifical « Justice et paix », Compendium de la doctrine sociale de l’Église, (Libreria Editrice Vaticana, 2005), n° 54.

[iii] Ibid, n° 570.