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Le Feu De Pâques

4/1/2019

par Mary Healy

La victoire du Christ sur la mort permet à l’Église de guérir et transformer le monde grâce au Saint-Esprit

Le Feu De pâques

Imaginez les disciples de Jésus, rassemblés dans la tristesse et le découragement, lorsque Marie-Madeleine se précipita dans la salle au petit matin en criant « Il est vivant ! Il est ressuscité des morts ! » Pour les premiers chrétiens, cette proclamation pleine de joie devint le coeur de la Bonne Nouvelle que leurs coeurs brûlaient d’annoncer au monde entier. Ils ont compris (quelque chose que les gens des temps modernes souvent ne parviennent pas à saisir) que si Jésus est vraiment ressuscité des morts, c’est un fait qui change tout.

L’Ancien Monde savait bien que la mort est le fait le plus indiscutable de l’existence humaine. Le taux de mortalité humaine, après tout, est de 100 %. Les riches et les pauvres, les forts et les faibles, les bons et les méchants, tous un jour descendent dans la tombe ensemble, laissant derrière eux tous leurs êtres chers, leurs biens terrestres, leurs espoirs, leurs rêves et leurs projets.

Les premiers chrétiens ont donc compris que, si Jésus est ressuscité de la tombe, il ne s’agit pas seulement d’un joli miracle qui s’est produit pour une seule personne. Il ne s’agit pas non plus d’une ressuscitation à la vie terrestre comme celle de Lazare, qui aurait à mourir de nouveau. Non, en Jésus, la puissance de la mort a été brisée. « Ômort, où est ta victoire ? Ômort, où est ton aiguillon ? » (Première lettre aux Corinthiens 15:55). Toute la trajectoire humaine du péché, du chagrin, de la souffrance et de la condamnation a été retournée. La malédiction a été inversée.

LES CIEUX OUVERTS

Dans la vie terrestre de Jésus, il y eut un remarquable présage qui contribue à éclairer ce qui allait se produire dans sa résurrection. Au début de sa vie publique, Jésus fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Bien que le baptême de Jean fût un « baptême de conversion pour le pardon des péchés » (Luc 3:3), Jésus s’y s’y soumit volontairement en un acte d’humilité profonde et d’obéissance au Père. Sa décision de s’identifier totalement aux pécheurs signifiait que finalement il devrait aller à la croix. En effet, son immersion dans l’eau préfigurait sa mort ; Jésus plus tard parle de sa mort comme d’un « baptême » (Luc 12:50).

Jésus sortant de l’eau, de même, préfigurait sa sortie de la tombe. Que s’est-il passé quand il sortit de l’eau ? Il « priait, le ciel s’ouvrit, et l’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur lui » (Luc 3:21-22). On peut remarquer que l’Évangile ne dit pas que le ciel alors se referma. L’implication est que Jésus vécut sous un « ciel ouvert » . En effet, sa mission était de porter le ciel sur la terre. Jésus, dans sa nature humaine, avait accès à toute la grâce, la puissance, la miséricorde, les guérisons et les bénédictions du ciel, et il les distribua sur la terre. À partir de ce jour, il fut « rempli de l’Esprit-Saint » et alla « dans la puissance de l’Esprit » commencer sa mission de rendre le royaume des cieux présent sur la terre (Luc 4:1,14).

Ce qui s’est passé lors du baptême de Jésus évoque ce qui arriverait plus tard à l’Église tout entière, rassemblée dans la salle du haut après l’ascension de Jésus : Alors que 120 disciples, y compris Marie et les Douze, étaient en prière, « soudain un bruit survint du ciel… et ils étaient tous remplis du Saint-Esprit » (Actes 2:2-4). Le Saint-Esprit les imprégna d’un courage, d’un zèle missionnaire et d’un pouvoir surnaturel qu’ils n’avaient jamais connus auparavant.

Immédiatement, ils commencèrent à proclamer l’Évangile de la même manière que Jésus : non seulement avec des paroles, mais avec des actions fortes qui démontraient la vérité des paroles. Ils guérissaient les malades, libéraient les personnes opprimées par les démons, amenaient l’unité là où il y avait eu la division, apportaient la joie là où il y avait eu des chagrins, et apportaient la lumière de la vérité là où il y avait l’idolâtrie et les ténèbres spirituelles. Et les Apôtres, à travers les sacrements, apportaient le pardon des péchés et la naissance de nouveaux citoyens du royaume dans le baptême.

Il n’est pas étonnant que la Bonne Nouvelle se soit propagée comme un feu de forêt dans l’Ancien Monde et que l’Église ait grandi de façon exponentielle, même dans les périodes de graves persécutions. Visiblement, le royaume de Dieu était en train de faire irruption.

POSTES AVANCÉS DU ROYAUME

Notre objectif dans la vie n’est pas seulement d’aller au ciel un jour ; nous sommes également appelés à étendre la présence du royaume des cieux sur la terre. Nous devons utiliser la puissance du Saint-Esprit, celle-là même dont Jésus était imprégné durant son ministère terrestre.

En tant que disciples du Christ, nos oeuvres de prière, de charité et de vertu, lorsqu’elles sont motivées par la conviction que Jésus est véritablement vivant, sont des actes qui témoignent de la puissance de la résurrection du Christ au monde. Chaque famille catholique, chaque paroisse et chaque organisation est censée être un « poste avancé du ciel » , où toutes les personnes impliquées peuvent ressentir quelque chose de la peur, de la joie et de l’espérance qui viennent du savoir que Jésus a vaincu la mort. En effet, l’Ordre des Chevaliers de Colomb, par ses diverses initiatives (campagnes de prière, service aux personnes dans le besoin, défense de la liberté religieuse, plaidoyer en faveur des chrétiens en danger et protection des droits de ceux qui sont vulnérables), participe directement à faire reculer le territoire des ténèbres et à agrandir la présence du royaume de Dieu sur la terre.

Jésus a prédit qu’une telle puissance serait à l’oeuvre dans l’Église quand il dit à Pierre : « Et moi, je te le déclare : tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église ; et les portes d’Hadès ne prévaudront point contre elle » . (Mt 16:18). Notez que les portes ne sont pas des armes offensives, mais des défenses. Jésus ne dit pas que l’Église s’enfuirait devant la puissance de l’enfer, mais qu’elle serait finalement sauvée. Non, l’Église mène une campagne offensive contre le péché, Satan et la mort. Hadès lui-même (les enfers ou le royaume des morts) ne pourra pas résister au témoignage des disciples de Jésus, marchant dans la victoire de sa résurrection. Ses portes seront brisées et ses captifs libérés.


MARY HEALY enseigne les Écritures au séminaire Sacred Heart Major de Detroit. En 2014, elle a été l’une des trois premières femmes jamais désignées pour servir à la Commission biblique pontificale.