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Demi-mesures

6/1/2019

par Mgr. William E. Lori, Aumônier Suprême

Nous ne pouvons pas faire face aux défis que nous rencontrons en tant que catholiques sans nous engager envers le Christ et la mission d’évangélisation de l’Église

Mgr William E. Lori, Aumônier Suprême

IMAGINONS QUE VOUS deviez changer l’huile de votre voiture. Le manuel dont vous disposez indique que le moteur a besoin de cinq litres d’huile, mais vous décidez de n’en mettre que deux et demi. Quelques jours plus tard, le voyant d’anomalie moteur s’allume et votre voiture tombe en panne en plein milieu de la route. Au milieu des klaxons et des vociférations des autres conducteurs, vous pensez : « Finalement, j’aurais peut-être dû mettre cinq litres. »

La demi-mesure. Nous sommes toujours tentés d’y avoir recours. Vous avez certainement vous-mêmes des exemples d’efforts en demi-teinte qui ont empiré les choses au lieu de les améliorer.

Nous pouvons également être enclins à utiliser la demi-mesure par rapport à notre foi catholique. Dans de nombreuses régions du monde, y compris aux États-Unis, il y a de moins en moins de monde à la messe. Les catholiques absents ne sont pas juste partis en voyage : ils sont partis, tout simplement. Pour diverses raisons troublantes, ils se sont détachés du Seigneur, de l’Église, de la messe et des sacrements. Les études montrent, malheureusement, que l’on compte aujourd’hui plus d’anciens catholiques ayant rompu avec l’Église que de catholiques pratiquants.

Nous parlons souvent d’évangélisation, et malgré ça, la situation ne fait qu’empirer. Alors, quelle est la solution ?

Saint Paul VI nous a rappelé que l’évangélisation n’est pas seulement l’une des choses que fait l’Église : la mission d’annoncer l’Évangile est au coeur même de son identité. L’Église existe pour proclamer, répandre et célébrer la Bonne Nouvelle par la parole, les sacrements et la charité. Malheur à nous si nous n’annonçons pas l’Évangile ! (cf. 1 Cor 9:16).

Après tout, l’Évangile, ce n’est pas que des mots. C’est le sauveur incarné qui, dans son infinie miséricorde, a pardonné nos péchés et ouvert les portes du Ciel.

C’est pourquoi arrêter de parler d’évangélisation n’est pas la solution. La vraie question est plutôt de savoir comment nous y prendre. Tout comme les disciples avant l’arrivée du Saint-Esprit à la Pentecôte, nous hésitons à « crie[r] à plein gosier », sans nous retenir (Ésaĩe 58:1) pour nous porter témoins de Jésus. Nous avons également tendance à faire preuve de demi-mesure en ce qui concerne le repentir et la croyance en l’Évangile ; en ce qui concerne l’application des enseignements du Christ à nous-mêmes et à nos familles ; et en ce qui concerne le fait de vivre l’Évangile aussi bien dans notre vie personnelle que dans le monde.

Lorsque le chant de la trompette est faible, il ne faut pas s’étonner que seules peu de personnes l’entendent. Prenez l’exemple d’une paroisse qui stagne et perd en importance. Ses dirigeants peuvent être tentés de régler le problème avec des demi-mesures, en modifiant les pratiques habituelles pour ajouter plus d’hôtes souriants aux portes de l’église ou créer plus d’occasions de faire des rencontres sociales après la messe du dimanche. Il n’y a rien de mal à cela. Ces choses sont même très importantes. Mais sans une véritable conversion missionnaire, animée par le Saint-Esprit, la paroisse ne pourra pas renaître.

Cette véritable conversion missionnaire comprend un appel urgent à la prière et au repentir, illustrés avant tout par le clergé et les dirigeants paroissiaux. Elle demande également de porter une attention particulière à la bonne prédication et à la solennité de la liturgie ; à l’abondance des opportunités d’adoration eucharistique et de confession ; à la prise de contact en personne avec les paroissiens absents ; à l’accès à la catéchèse pour les paroissiens de tout âge, notamment les plus jeunes ; au soutien des couples mariés et des familles ; à l’assistance aimante aux malades et mourants ; au fait de tendre la main aux plus démunis et aux personnes vulnérables ; et à bien d’autres choses.

Qu’en est-il de la croissance au sein de l’Ordre des Chevaliers de Colomb ? Là aussi, pas de demi-mesure. Par exemple, il est possible qu’une simple campagne de recrutement « classique » ne permette pas d’atteindre les résultats voulus. Mais lorsqu’un conseil s’engage dans la prière à mettre pleinement en place le modèle « La foi en action », cela peut avoir un véritable impact. Si les Chevaliers sont vus comme des personnes s’épanouissant dans leur relation avec le Christ et dans leur vie de prière ; s’associant pour venir activement en aide à la communauté au sens large ; vivant la vocation du mariage et de la famille dans la joie et avec générosité ; et protégeant avec amour les êtres humains les plus vulnérables, alors d’autres personnes voudront nous rejoindre.

Les gens ont soif de quelque chose. Ils sont en recherche. Ils veulent plus. Arrêtons avec la demi-mesure, principalement en cette période où nous célébrons la véritable effusion du Saint-Esprit sur son Église.

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