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Le consensus de l’Amérique sur la vie

3/1/2019

par Carl A. Anderson, Chevalier Suprême

De même que les décisions de la Cour suprême qui soutenaient l’esclavage et la ségrégation, Roe c. Wade est fondée sur un mensonge

Carl A. Anderson

Carl A. Anderson

DANS MES REMARQUES à propos de la Marche pour la vie de cette année, j’ai mis en évidence deux résultats du sondage Marist de cette année concernant les attitudes à l’égard de l’avortement. Le premier, c’est que trois Américains sur quatre disent que l’avortement devrait être limité, au maximum, au troisième mois de grossesse. Cela comprend les 6 personnes sur 10 qui se définissent comme « pro-choix ».

Le deuxième, c’est qu’environ 2 Américains sur 3 souhaitent que la décision de la Cour suprême dans l’affaire Roe c. Wade soit réinterprétée par la Cour pour permettre aux États de limiter ou d’interdire l’avortement.

Ces deux résultats sont cohérents avec ce que le sondage Marist trouve depuis plus de dix ans : ôtez les étiquettes qui sont souvent utilisées dans le débat sur l’avortement, et les Américains en grand nombre n’acceptent pas que la Cour suprême impose un « droit » à l’avortement pendant toute la grossesse.

Les extrémistes proavortement doivent être particulièrement attentifs. Récemment, il y a eu une volonté dans plusieurs États de sécuriser dans la loi l’avortement pendant toute la grossesse.

Dans le Wall Street Journal (8 février), le cardinal Timothy Dolan de New York s’est élevé avec force contre l’« horreur » de cet « extrémisme ». Il a prédit « une réaction hostile à travers le pays » contre la logique « horrible » qui autorise l’avortement sans restriction pendant toute la grossesse, et même le meurtre d’un bébé né vivant après un avortement. (Le pape François a utilisé un langage encore plus fort dans le passé, disant que l’avortement équivaut à embaucher un tueur à gages.)

Le Cardinal Dolan a placé cette législation dans le contexte de la décision de la Cour suprême dans l’affaire Dred Scott en 1857, qui défendait l’esclavage. La Cour écrivit alors que Dred Scott et sa femme Harriet étaient des membres d’une « classe inférieure des êtres humains », qui étaient « inaptes à s’associer avec la race blanche » et « n’avaient aucun droit que l’homme blanc fût tenu de respecter ».

De nombreux Américains croyaient que la décision de la Cour avait réglé la question de l’esclavage, mais d’autres ne le croyaient pas. La nation s’est rapidement divisée selon des lignes partisanes et géographiques.

Une guerre civile allait mettre fin à l’esclavage. Mais elle n’a pas mis fin à la logique qui produisait celui-ci. Bientôt, de nouvelles lois représentèrent l’idée que les Afro-Américains étaient une classe inférieure d’êtres humains « inaptes à s’associer avec la race blanche ». Une nouvelle fois, le pays se divisa selon des lignes géographiques et partisanes. Et lors d’une autre décision honteuse, la Cour suprême dans l’affaire Plessy c. Ferguson (1896), par un vote de sept voix contre une, soutint les lois ségrégationnistes « Jim Crow ».

Encore une fois, beaucoup d’Américains pensaient que la question était réglée. Il fallut encore six décennies pour que la décision de la Cour suprême dans l’affaire Brown c. Board of Education (1954) et l’adoption par le Congrès du Civil Rights Act de 1964 éliminent cette souillure sur le droit américain.

Ni l’affaire Dred Scott ni l’affaire Roe c. Wade n’auraient dû être considérées comme « réglées » par la loi, parce que les deux décisions étaient fondées sur un mensonge : un mensonge qui dit qu’il existe une « classe inférieure d’êtres humains » sans « aucun droit » que nous soyons « tenus de respecter ».

Lors de la Marche pour la vie, j’ai cité l’un des grands dirigeants abolitionnistes de l’Amérique, Wendell Phillips, qui a déclaré un jour : « Une personne et Dieu, cela fait une majorité. » J’ai dit aussi qu’il est utile d’avoir le peuple américain de notre côté.

Comme l’a dit le Président John F. Kennedy lors de son investiture, en tant que nation nous nous appuyons sur le principe selon lequel « les droits de l’homme ne viennent pas de la générosité de l’État, mais de la main de Dieu. »

Les grands problèmes moraux de notre époque doivent transcender la politique partisane. C’est ce qui se produit aujourd’hui en ce qui concerne l’avortement. Le sondage Marist révèle que des majorités dans les deux partis politiques rejettent les lois sur l’avortement extrêmement tardif.

Il existe un consensus bipartisan parmi les Américains sur l’avortement. Il est temps que les politiques de Washington et d’ailleurs reflètent non seulement ce consensus, mais également la réalité de l’enfant avant la naissance.

Vivat Jesus !