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MESSE POUR LE CONGRÈS SUPRÊME DES CHEVALIERS DE COLOMB
Grande salle de bal
Hôtel Sheraton Centre
Toronto, Canada
Le mercredi 3 août 2016
8 heures
Homélie
par
Son Éminence
le cardinal Donal Wuerl
Archevêque de Washington

Vos Éminences, vos Béatitudes, frères dans l’épiscopat, frères dans le sacerdoce, Messieurs les diacres, Vénérable Chevalier suprême et frères Chevaliers, frères et sœurs dans le Christ.

Au moment de débuter cette réflexion à propos de la célébration d’aujourd’hui, je tiens à exprimer ma gratitude à tous nos frères Chevaliers de m’avoir offert la possibilité de prononcer cette homélie dans le contexte de ce Congrès suprême.

Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, une femme implore « Seigneur, aide-moi. » Il s’agit d’une demande qui se manifeste souvent dans nos cœurs et sur nos lèvres, dans nos moments de prière, dans les temps d’épreuves et au cœur de tout ce qui constitue notre vie quotidienne – « Seigneur, aide-moi. » Cette demande trouve écho en nous alors que nous cheminons dans la vie, que nous nous approchons toujours plus du Seigneur et que nous sommes toujours plus fidèles à son Évangile : « Seigneur, aide-moi. »

Alors que nous demandons constamment la grâce du Seigneur, son soutien et son aide, que nous demande-t-il en retour? L’Évangile d’aujourd’hui nous révèle que la demande adressée par Jésus à notre endroit est un acte de foi en lui. Il veut être en mesure de nous dire, comme il le fit avec la femme dans l’Évangile, « ta foi est grande » et « qu’il te soit fait comme tu veux. »

Nous prions et l’une des raisons qui motive notre participation à la messe et pourquoi une célébration eucharistique est prévue à chaque jour durant ce Congrès suprême des Chevaliers de Colomb, est attribuable au fait que nous souhaitons continuellement renouveler et renforcer notre foi. Nous prions afin que notre foi soit forte, qu’elle soit toujours ouverte à la présence puissante de l’Esprit de Dieu et que l’Esprit qui guide et guérit nous renouvèle.

Mais la foi doit aussi être partagée. Nous pouvons également entendre Jésus mentionner, si vous devenez mes disciples remplis de foi, alors vous serez mes témoins.

Tout comme le prophète Jérémie annonce la parole de Dieu à « toutes les familles d’Israël », déclarant : « Vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu ».

Ainsi sommes-nous appelés à garder vivante et audible ce message qui est aussi une invitation – à faire partie de la famille de Dieu.

Alors qu’il se préparait à retourner vers son Père dans la gloire, le grand défi que Jésus lançait à ses disciples, à tous ceux qui plaçaient leur foi en lui, à vous et moi est « vous serez mes témoins. »

Lors de ce congrès, nous reconnaissons notre thème « Une lumière pour les nations » comme étant une expression de ce commandement évangélique qui nous appelle à être des disciples – des témoins évangélisateurs. Voilà en quoi consiste l’appel qui nous est lancé d’ « être une lumière pour les nations » en tant que Chevaliers de Colomb sur le plan individuel mais aussi en tant qu’Ordre – c’est-à-dire être le reflet de Jésus qui est « Lumière pour les nations. » Une partie de notre mission consiste à faire la lumière sur la condition de nos frères et sœurs qui souffrent de persécutions violentes en raison de leur foi. La présence d’un si grand nombre de membres de l’épiscopat des Églises orientales témoigne de notre solidarité avec eux, mais nous met également au défi de les soutenir par notre défense des chrétiens.

Comment pouvons-nous porter ce témoignage? Comment pouvons-nous partager ce message? Comment se fait-il que nous puissions le faire? Comment se fait-il que nous puissions être le reflet de cette lumière dans nos familles, dans nos communautés, dans notre milieu de travail et là où nous nous trouvons?

Dans cette importante tâche qu’est la nouvelle évangélisation – qui consiste à accomplir le travail du disciple évangélisateur – il y a, selon moi, trois étapes. Chacun de nous est d’abord appelé à renouveler sa propre foi. Il s’agit d’une tâche qui doit être accomplie sur le plan intellectuel en comprenant mieux notre foi et sur le plan affectif en ouvrant davantage nos cœurs dans la prière. Chaque membre des Chevaliers de Colomb reçoit la revue Columbia. Nous pouvons y trouver un trésor d’informations et d’inspiration à propos de notre foi.

Mais il n’est pas suffisant de comprendre seulement notre foi sur le plan personnel. Nous devons être confiants dans la vérité dont elle est porteuse, afin d’être disposés à défendre cette vérité et d’en témoigner dans tout ce que nous disons et faisons. Notre Saint-Père, le pape François, est un merveilleux exemple au niveau de la proclamation et de la mise en application de l’Évangile.

Mais il y a un troisième élément. Non seulement sommes-nous invités à approfondir notre foi durant le présent Jubilé de la miséricorde et à l’intérieur de ce défi qui consiste à être des disciples évangélisateurs, non seulement devons-nous être confiants dans cette vérité mais nous devons également être désireux et disposés à la partager.

Il se trouve autour de nous des personnes qui ont besoin, encore une fois, d’être invitées à revenir à la plénitude de la vie sacramentelle de l’Église, à la miséricorde divine et en présence vivante du Christ dans cette Église.

Chaque disciple évangélisateur, chaque membre des Chevaliers de Colomb et chacun d’entre nous est invité à entreprendre cette tâche.

Notre Saint-Père, le pape François, nous offre la sagesse pérenne de l’Église pour savoir comment y arriver. Il nous demande de rencontrer et d’accompagner ceux qui devraient être davantage présents avec nous dans notre travail d’évangélisation.

Chaque disciple missionnaire a plusieurs qualités. Un grand nombre de caractéristiques sont identifiables chez un nouvel évangélisateur. J’aimerais terminer cette homélie en réfléchissant simplement sur quatre d’entre elles. Il me semble que la personne qui portera la lumière aux nations, la personne qui, dans sa vie, sera le reflet de Jésus et de son Évangile et qui sera un témoin de son Église dans notre monde doit présenter ces caractéristiques.

Premièrement, nous devons être audacieux – faire preuve de courage. Après la résurrection et l’ascension de Jésus, les Apôtres étaient tous réunis au Cénacle. Selon les Actes des Apôtres, ils y demeurèrent dans la « timidité ». Et ils vécurent une effusion de l’Esprit - ce même Esprit que vous et moi avons reçu au moment du baptême, le même Esprit qui est cultivé dans l’eucharistie – et on nous raconte qu’ils furent ensuite audacieux (cf. Actes 2:4). Pierre se leva courageusement et annonça la résurrection (cf. Actes 2:22-36). Paul s’en alla de son côté et prêcha dans toutes les contrées qu’il visitait (cf. Actes 19:21-22). Vous et moi devons être habités de ce même courage empreint de confiance et de sérénité.

La seconde caractéristique du nouvel évangélisateur est un sentiment d’urgence. C’est notre tour. D’autres ont proclamé l’Évangile avant nous et nous leur devons beaucoup. Mais notre tour est venu. Le modèle de l’évangélisateur habité du sentiment d’urgence se trouve en Marie. À peine avait-elle appris les besoins de sa cousine Élisabeth, selon ce que nous rapporte l’Évangile, qu’elle s’empressait d’aller vers elle.

Notre tâche ne consiste pas seulement à connaître la parole de Dieu mais aussi à la mettre en application. Une manière de partager notre foi est de partager le numéro mensuel de la revue Columbia que chacun d’entre nous reçoit. J’ai pris l’habitude depuis quelques temps de donner mon exemplaire, après l’avoir lu, à un étudiant fréquentant l’un de nos nombreux campus. Cela peut non seulement contribuer à un épanouissement encore plus profond dans la foi, mais aussi constituer une invitation.

La troisième caractéristique du membre des Chevalier de Colomb qui se fait évangélisateur est le fait d’être branché sur l’Église. Mes Frères, le seul message de l’Évangile que nous puissions proclamer, la seule proclamation valide dont nous disposons, est celle qui se vérifie dans l’Église. Elle nous provient de grande lignée que nous appelons la succession et la tradition apostoliques. Aucun d’entre nous n’a reçu l’Évangile de manière directe. Elle nous vient dans la méditation et la transmission par l’entremise de l’Église.

Parfois, des termes comme « succession apostolique », « tradition apostolique » et « magistère pontifical » revêtent un caractère abstrait. Les enfants ont habituellement une manière de bien résumer les choses. Il y trente ans, alors que j’étais un jeune évêque, j’ai constaté que lorsque je visitais des écoles paroissiales, je recevais du courrier, beaucoup de courrier. Il ne s’agissait pas d’une correspondance spontanée. Les lettres étaient acheminées dans de beaux paquets et vous pouviez identifier l’âge du jeune qui avait écrit l’une d’entre elles par l’instrument utilisé pour la rédiger, soit un crayon de cire qui se transforme en crayon de couleur, pour devenir ensuite l’omniprésent crayon no. 2 et finalement un stylo à bille.

L’une de ces lettres m’est précieuse et je l’ai conservée. On pouvait y lire « Cher Monseigneur, je trouve impressionnant que vous connaissiez quelqu’un, qui connaissait quelqu’un, qui connaissait quelqu’un. » Le professeur avait probablement dit aux élèves qu’en raison du fait qu’ils écrivaient à l’évêque, ils devaient remplir la page. Et mon jeune correspondant de poursuivre « […] qui connaissait quelqu’un qui connaissait Jésus. »

Je me suis alors dit « Lorsque je visiterai l’école paroissiale, je remercierai non seulement le petit Dominic, qui est en quatrième année, mais je le nommerai au sein de la Commission théologique archidiocésaine.

N’est-ce pas là notre croyance? Qu’en raison de notre connectivité avec l’Église, par notre communion avec la pierre de touche de la foi, Pierre, nous pouvons véritablement prétendre que nous connaissons quelqu’un qui nous relie à Jésus-Christ.

Certainement, le nom peut varier, de Jean-Paul à François, en passant par Benoit. Mais le rocher demeure le même. Notre allégeance doit demeurer identique parce que l’assurance de notre foi repose sur cette connectivité.

Cela m’amène à la caractéristique finale. La pierre angulaire de chaque disciple missionnaire doit être la joie. Frères et sœurs, nous annonçons un Seigneur ressuscité. Nous sommes les récipiendaires de sa parole éternelle. Je crois que l’une des raisons qui fait en sorte que notre Saint-Père, le pape François, est aussi bien entendu et reçu relève du fait qu’il rayonne de la joie de l’Évangile. Il devrait en être ainsi pour vous et moi.

Alors que nous entreprenons la tâche d’être « une lumière pour les nations », nous devons nous rappeler de la joie et de la vérité de notre message évangélique et du fait que, en raison de notre connectivité avec le rocher, avec Pierre, cela fait en sorte que nous pouvons toujours prétendre que nous connaissons quelqu’un qui connaît quelqu’un qui nous amène à Jésus.